Deux agences de notation, Moody’s et S&P, ont dégradé « la note » financière de la Belgique. Cette « note » prétend représenter la qualité de la dette publique belge au yeux des capitalistes. Avec la dégradation de leurs notes, l’Etat, les régions et même la SNCB empruntent dorénavant sur les marchés financiers en payant encore plus d’intérêt ! Ces agences de notation font partie du système de racket par lequel les banques extorquent chaque année des centaines de milliards aux États, et donc aux populations. Elles estiment les prétendus « risques » qu’une banque aurait à prêter à tel ou tel État, ce qui permet aux banques d’augmenter leurs taux d’intérêt en conséquence. En fait, il s’agit surtout d’un moyen de pression pour imposer des mesures d’austérité !
Pour les pays les plus mal notés, les conséquences sont catastrophiques. Dans des pays comme l’Égypte ou le Pakistan, où les taux d’intérêts sont immenses, ce serait plus de 50% des dépenses publiques qui partiraient uniquement pour payer les intérêts de la dette selon l’Institut de la finance internationale. Cela signifie que sur 100 € de taxes extorquées aux populations égyptiennes et pakistanaises, plus de 50 € partent directement faire gonfler les profits des banquiers internationaux, en plus du remboursement des dettes. C’est un pillage à grande échelle, dont les conséquences les plus immédiates sont la disparition des services de santé ou des protections sociales qui avaient pu exister dans ces pays.
En Belgique, la note est bien moins basse que celle des pays du tiers-monde, mais elle est déjà le prétexte à mettre encore plus de pression pour faire passer de nouvelles coupes budgétaires ou de nouvelles taxes. L’agence Moody’s accompagne sa nouvelle note d’un message : « la décision de dégrader la note de la Belgique à A1 reflète notre conviction que le gouvernement actuel ne sera pas en mesure de mettre en œuvre des mesures suffisantes pour stabiliser le poids de la dette ». Le premier ministre De Wever, au garde à vous face aux actionnaires des banques et des fonds d’investissement, a immédiatement affirmé que « des efforts supplémentaires sont nécessaires pour rétablir la confiance des marchés internationaux dans la santé financière de notre pays ».
Les banques ordonnent et les ministres obtempèrent. Mais ce seront les populations qui paieront les conséquences de ces nouvelles mesures. Ces parasites ne méritent rien d’autre que l’expropriation sans indemnités !
