Manifestation du 25 juin

D’après les syndicats, nous étions entre 30 et 35 mille à manifester le 25 juin contre le programme du gouvernement fédéral. Les travailleurs et les militants syndicaux de Flandre, Wallonie et Bruxelles, qui se sont réunis à l’appel des directions syndicales ont dénoncé les réformes du chômage, des pensions, du travail de nuit, etc… toutes ces attaques qui sont en train d’être menées contre les conditions de vie et de travail de la classe ouvrière !

Beaucoup regrettaient de ne pas être plus nombreux, car dénoncer ne suffit pas et il serait urgent de s’opposer collectivement à ces réformes ! Mais comment faire ?

Un ouvrier de la métallurgie venu de Flandre propose : « Il faudrait un gouvernement de gauche, PS-PTB », mais lors de la discussion, explique qu’il ne se fait pas vraiment d’illusion « c’est vrai que quand le PS arrive au gouvernement, il va quand même dans la même direction, même si c’est moins pire en apparence », et il accorde « oui, malheureusement au final ça ne change rien pour nos enfants car les réformes sont quand même imposées ». Mais alors que faire ? « Il faudrait faire vraiment grève tous ensemble », c’est à dire pas juste un jour, et pas entreprise par entreprise, mais ça les dirigeants syndicaux n’en veulent pas.

Un jeune travailleur d’une firme de production de frigos, quant à lui, explique : « Je ne crois pas qu’il existe une solution dans les partis politiques qui veulent aller au gouvernement », de lui-même il confirme « ce sont tous des marionnettes des milliardaires » ! Ce jeune témoigne : « je ne sais même pas si une solution existe », « si je suis là, c’est parce que je ne veux pas me taire », « le gouvernement nous appauvrit pour acheter des armes » ! Lui, il est d’accord pour dire « une révolution permettrait de résoudre les problèmes », même si aujourd’hui cela paraît lointain, voir utopique.

Quoi qu’il en soit, dans chacune des discussions cela faisait du bien de discuter du fond du problème : celui du poids du pouvoir capitaliste sur la société. Un militant explique « le problème c’est qu’on ne parle jamais de ça, alors impossible de se mettre d’accord sur un vrai plan de bataille, une vraie perspective » et cette idée trouve des échos.

Mais pour dénoncer le pouvoir des capitalistes, et pour organiser les prochaines luttes nécessaires pour s’opposer aux réformes, les travailleurs ne peuvent pas compter sur leurs dirigeants syndicaux. Au lieu de dénoncer le pouvoir des capitalistes, le président de la FGTB, Bodson, prétend que ces réformes sont « communautaires », que ce sont des attaques des partis flamands contre les travailleurs wallons ! Comme si les travailleurs flamands eux aussi n’étaient pas attaqués, comme si le programme du gouvernement n’était pas celui des marchés financiers !

Le même Bodson préfère en appeler aux partis francophones, plutôt qu’à la classe ouvrière, pour s’opposer aux réformes menées par l’Arizona… mais ce n’est que de la poudre aux yeux.

Une véritable lutte pour s’opposer aux réformes ne pourra venir que des travailleurs eux-­ mêmes, francophones, flamands, et même étrangers. Les directions syndicales, elles, ne cherchent qu’à mobiliser pour défendre leur place dans la prétendue « concertation sociale ».

Aujourd’hui, la majorité des travailleurs n’ont pas encore suffisamment confiance dans leur propre force pour dépasser les limites des directions syndicales. Ceux qui le comprennent en arrivent parfois à désespérer de ne pas voir les collègues se mobiliser. Mais cela finira par arriver car la situation ne fait que s’aggraver !

En attendant, il faut que tous ceux qui sont déjà conscients qu’il n’y pas d’autres perspectives que de se mobiliser, s’organisent pour s’adresser à leurs collègues.

Les dirigeants syndicaux appellent à une prochaine manifestation le 14 octobre 2025. Cela dépend des travailleurs eux-mêmes d’entraîner leurs collègues et leurs proches pour manifester, non pas derrière les mots d’ordre syndicaux, mais derrière leurs propres revendications.