Licenciements… de gauche ?!

La commune de Molenbeek, dirigée par une coalition de gauche (PS, PTB, Vooruit et Molenbeek Autrement) a annoncé le licenciement de 40 personnes et la baisse de 50% de la prime de fin d’année.

Le PTB, à travers son échevin Giovanni Bordonaro, affirme que « Si demain l’Arizona paie sa facture, il n’y aura aucun licenciement à Molenbeek ». Dans une vidéo, il rajoute : « Molenbeek, comme toute commune en Belgique, comme le gouvernement et n’importe quel service public, a besoin de crédit pour faire tourner la boîte. On a besoin des banques. Donc Molenbeek est menacé que, si on reste encore en déficit, eh bien les banques stoppent les crédits et en septembre on ne paie plus les salaires et il n’y a plus rien qui tourne. C’est ça, être le couteau sous la gorge. ».

Et ce sont effectivement les banques, et les capitalistes dans leur ensemble, qui sont responsables des mesures d’austérité de l’Arizona, y compris dans les communes !

La seule manière de s’opposer à la politique d’austérité imposée aux travailleurs, dans les entreprises comme dans les communes populaires, c’est de construire un rapport de force contre les capitalistes, de contribuer à ce que les travailleurs organisent leurs luttes, pour les étendre, les généraliser, et imposer d’aller prendre l’argent là où il est, sur les comptes des grands actionnaires, millionnaires et milliardaires !

Mais le PTB a fait campagne, à Molenbeek comme ailleurs, en prétendant que, s’ils arrivaient au pouvoir, ils pourraient mener une autre politique que la droite ou le PS.

Aux élections communales, ils proposaient de voter pour eux pour baisser les prix des loyers, financer plus de logements sociaux, et embaucher du personnel communal. Mais rien ne laissait entendre dans leur propagande électorale que ces mesures ne pourraient être mises en place, non par les élections, mais par une forte mobilisation de la population.

En refusant d’élever la conscience politique de la population, au contraire en s’appuyant sur les illusions électorales, le PTB s’est lui-même mis « le couteau sur la gorge ».

Le PTB, comme les directions syndicales, continuent de prétendre que la principale cause de l’austérité, à tous les niveaux de pouvoir, serait les partis de droite. C’est tromper les travailleurs ! Un gouvernement de gauche subirait la même pression de la part des capitalistes et des banques pour mettre en place l’austérité contre la population, que subit la commune de Molenbeek aujourd’hui.

En refusant de préparer et d’organiser les travailleurs pour des luttes massives contre les capitalistes, en reprenant la démagogie électorale menée depuis des années par le PS, le PTB contribue à désarmer les travailleurs et les démoraliser, à laisser penser : finalement le PTB est comme les autres !