Les deux dernières semaines de mai, le presse relate la mort de deux ouvriers au travail. Un autre est grièvement blessé. L’un avait 18 ans, il est mort près de Dinant, enseveli dans un éboulement de terre alors qu’il travaillait dans les tranchées d’un chantier de terrassement. L’autre, en France, avait 19 ans. Il est resté toute la journée sur une toiture sous la canicule, a fait un malaise et est mort à l’hôpital d’une hyperthermie — une température corporelle trop élevée. A Liège, un ouvrier a été coincé sous un rouleau compresseur lors de travaux de réparation d’une autoroute, près de Vottem. Ses blessures l’handicaperont pour le reste de sa vie.
Ces trois ouvriers sont ceux dont la presse a parlé. Mais en réalité, il y en a combien d’autres ? Combien de travailleurs sans papiers meurent au travail ? Combien repartent blessés à vie ? D’après les chiffres officiels, il y a eu, rien qu’en 2023, 83 morts au travail, et 1.681 accidents avec incapacité permanente sur le lieu ou pour se rendre au travail, 4-5 personnes par jour!
Des ouvriers peuvent travailler pendant des heures sous la chaleur ou dans des conditions où les règles de sécurité ne sont pas respectées, mais pour les patrons, ce qui compte, c’est le profit, grand ou petit.
Après ce type d’accident, les beaux discours de porte parole en costume suivront, et toute la communication d’entreprise sera mobilisée pour renvoyer une image respectable, propre, soucieuse du « bien-être des travailleurs ». Une hypocrisie pour masquer que cette société ne fonctionne que par la sueur et le sang des travailleurs du monde entier.
