L’exclusion du chômage : une attaque contre tous les travailleurs

Près de 100.000 personnes ont déjà été exclues du droit aux allocations de chômage, et 80.000 risquent encore de perdre leurs allocations d’ici la fin de l’année.

Toutes catégories confondues, c’est plus d’un chômeur sur deux qui se trouvera privé de ses allocations.

Le mythe des « profiteurs »

Le gouvernement prétend s’attaquer « aux profiteurs » du chômage, à ceux qui utiliseraient les allocations depuis des années pour éviter de devoir travailler. Mais quand on voit les licenciements et les suppressions d’emplois se multiplier partout, comment croire qu’un chômeur sur deux est un soi-disant « profiteur » ?

L’écrasante majorité des chômeurs sont des travailleurs qui ont été licenciés ou dont le poste a été supprimé. Rien que ces dernières années, il y a eu des licenciements collectifs chez Audi Forest, Cora, Nike Anvers, H&M, Imperial, Alysse Food… et la liste ne fait que se rallonger !

Et quand on se retrouve viré à 50 ans, après 20 ans, 30 ans de travail, quel patron accepte de nous embaucher ? Et dans quelles conditions ?!

La vérité c’est que le chômage, ce sont les capitalistes qui en sont responsables à coup de licenciements, de suppressions de poste et de refus d’embauche !

Ce sont les travailleurs sans-emplois qui sont visés

Ce que vise l’exclusion du chômage, organisée par le gouvernement à la demande du patronat, c’est d’augmenter la pression pour qu’on accepte des conditions de travail et de salaire qu’on n’accepterait pas sinon ! Et les premiers visés par cette politique ne sont pas les prétendus «_chômeurs de longue durée », mais ceux qui ont été licenciés récemment et que les patrons peuvent exploiter immédiatement, sans devoir les former, ni aménager les conditions de travail !

Car pour permettre à ceux qui n’ont plus travaillé depuis de longues années de retrouver un emploi, il faudrait des investissements, des conditions de travail adaptées et de véritables formations avec de vraies embauches à la clef. Mais tout cela n’existe pas ! La politique du gouvernement ne fait qu’accroître les difficultés des plus précaires, des plus âgés et de tous ceux que les patrons refusent d’embaucher, pour mieux faire pression sur tous les autres !

La moitié des exclus se tournent vers les CPAS

Sur les 100.000 personnes exclues du chômage depuis janvier, la moitié s’est déjà tournée vers le CPAS pour demander un revenu. Là, l’administration, souvent dirigée par des politiciens socialistes, les soumet à une politique de contrôle systématique qui ne vise qu’à les humilier.

Dans les CPAS, ceux qui demandent le revenu d’intégration social doivent soumettre tous les aspects de leur vie au contrôle de l’administration. Rien ne peut y échapper : compte en banque, réseaux sociaux, vie de couple… même le nombre de cigarettes fumées par jour !

L’humiliation est telle que beaucoup préfèrent accepter un emploi à n’importe quelle condition. Et c’est bien le but recherché par l’État et le patronat !

Faire des économies au profit des capitalistes !

Les ministres justifient aussi leur mesure en prétendant que le budget du chômage est devenu tellement élevé qu’il mettrait en danger le budget de l’État. Mais c’est encore un mensonge !

En 2025, le budget total du chômage n’était que de 6,5 milliards d’euro, alors que le montant des intérêts de la dette de l’État payés aux banques était de 14 milliards. Le montant des dépenses militaires s’élevait lui à dix milliards, et selon une étude d’économistes proches des syndicats, les cadeaux accordés aux entreprises atteignaient déjà 51 milliards d’euros rien que pour l’année 2022… C’est là qu’il faudrait faire des économies !

Mais c’est évidemment hors de question pour le gouvernement… Pour lui, comme pour le patronat, c’est aux travailleurs de payer. Les mesures d’austérités ne visent pas à faire des économies, mais à détourner de l’argent public qui était destiné aux budgets sociaux pour offrir encore plus de cadeaux aux capitalistes et augmenter les dépenses militaires.