Editorial des bulletins d’entreprises du 19 juillet 2026
Un cinquième épisode de canicule est passé sur l’Europe. En Belgique, comme dans les autres pays, les pompiers manquent tellement de moyens qu’ils dépendent d’équipements prêtés par la police fédérale ou l’armée… peu adaptés à la lutte contre les incendies de forêt.
Tous les États augmentent leurs effectifs militaires, se précipitent pour acheter des armes, mais il manque de pompiers et ils sont sous-équipés en matériels et en protections contre les fumées nocives.
Les sécheresses provoquent une chute de la production agricole. Les récoltes de fruits et légumes pourraient baisser de moitié tandis que les troupeaux vont manquer de fourrage. Bien sûr, pour maintenir leurs bénéfices, les capitalistes du secteur de la grande distribution prévoient d’importantes augmentations des prix des denrées alimentaires.
Dans toute l’Europe, des centrales nucléaires sont mises au ralenti ou à l’arrêt parce leurs systèmes de refroidissement sont paralysés par la baisse du débit des fleuves. En Allemagne, le gouvernement envisage de transférer le fret du transport fluvial, à l’arrêt sur des portions du Danube et du Rhin, sur… des camions qui polluent 100 fois plus !
En Belgique, des milliers de personnes âgées ou à la santé fragile sont décédées chez elles ou dans les hôpitaux et les maisons de repos dépourvues de moyens pour se protéger contre la canicule. Et c’est encore plus grave dans des pays pauvres comme l’Inde, où chaque épisode de canicule tue des dizaines de milliers de personnes.
Des millions de travailleurs suffoquent dans les entreprises et les chantiers où rien ou presque n’a été entrepris pour adapter les conditions de travail.
Le bilan de l’impréparation aux conséquences du réchauffement climatique, annoncé depuis 50 ans par les scientifiques, est accablant.
Ce réchauffement est causé non par « l’activité humaine » en général, mais par le fonctionnement irrationnel du capitalisme dans les secteurs de l’énergie, des transports, de l’industrie, de la construction. L’agriculture et l’élevage intensifs, qui ne tiennent aucun compte de l’équilibre de la planète, entraînent une déforestation à grande échelle.
Les gouvernements font ce que les capitalistes exigent, ils ont une responsabilité écrasante dans les catastrophes qui s’accumulent. Ce sont leurs mesures d’austérité qui tuent les vieux, les malades, et les pompiers !
L’argent qu’ils refusent aux besoins de la population, ils le déversent sur les actionnaires. L’Union européenne a coordonné un plan de 700 milliards d’investissements publics pour une « transition vers une économie décarbonée et durable », en réalité pour arroser les entreprises de contrats et de subsides. Résultat ? Des profits énormes, mais une société désarmée face au réchauffement climatique !
Des moyens publics et bancaires gigantesques ont été mis à disposition de groupes capitalistes qui ne sont guidés que par la recherche du profit à court terme pour leurs actionnaires. Les géants de l’énergie, comme TotalEnergies, investissent certes dans le solaire et l’éolien… mais ils continuent de forer et d’explorer des gisements d’hydrocarbures qui vont accroître le réchauffement.
En France, les syndicats agricoles dirigés par les gros exploitants obtiennent le soutien du gouvernement pour accaparer les ressources en eau grâce aux méga bassines au détriment des petits agriculteurs et de la population.
La baisse des rendements agricoles est un coup dur pour les petits agriculteurs, mais une source de profits supplémentaires pour les entreprises géantes qui contrôlent les stocks et spéculent sur les pénuries alimentaires comme les compagnies pétrolières spéculent sur le prix des carburants avec la guerre au Moyen-Orient.
Le fonctionnement du capitalisme, qui repose sur l’exploitation des travailleurs et des ressources naturelles, la concurrence et la recherche de profit privé, empêche l’activité humaine de limiter la pollution aux gaz à effet de serre et même de s’adapter aux besoins engendrés par le réchauffement climatique.
Cette adaptation nécessite une anticipation, une coordination de tous les pays et une planification de l’activité économique en fonction des besoins de la population et de la protection de l’environnement. Le capitalisme s’y oppose. Pour cela, il faut changer l’organisation de l’économie et instaurer une société communiste dirigée par les travailleurs, qui ne soit plus guidée par la recherche du profit privé.
La population sait faire preuve d’initiatives, de compétences et de dévouement lors de chaque crise. Il reste aux travailleurs à trouver la conscience et le courage d’exproprier la petite minorité de grandes familles capitalistes qui ont la main sur l’organisation de l’économie et de la politique.
