Les « assistés », ce sont les capitalistes !

Depuis la crise financière, les gouvernements répètent le même refrain : pour « sauver les finances publiques », il faudrait reculer l’âge de la pension, réduire les allocations de chômage, sabrer dans les budgets de l’hôpital, de l’école et des services publics. Quel mensonge ! Ce ne sont ni les travailleurs, ni les services publics, qui coûtent trop cher. Ce sont les capitalistes qui vident les caisses de l’État.

Une étude du réseau Econosphères, intitulée « Un pognon de dingue – Le soutien public aux entreprises privées lucratives en Belgique », met en lumière l’ampleur du phénomène. Depuis 25 ans, les aides publiques aux entreprises ont explosé : de moins de 10 milliards d’euros en 2000, elles atteignent 53,8 milliards en 2023. Et ces montants sont sous-estimés. Il s’agit désormais d’un des principaux postes de dépense publique. Et leur croissance dépasse largement celle des autres dépenses de l’État.

Ce chiffre faramineux résulte d’un enchevêtrement de dispositifs opaques et biaisés, conçus pour arroser le patronat. Les subsides salariaux, par exemple, permettent aux entreprises d’engager des travailleurs dont tout ou partie du salaire est pris en charge par l’État (contrats IBO en Flandre, APE, SESAM, Impulsion en Wallonie, Activa à Bruxelles). À cela s’ajoutent les multiples exonérations de cotisations sociales, les baisses d’impôts et un système fiscal truffé de niches qui permet aux grandes entreprises d’échapper massivement à l’impôt. Rien qu’en subsides directs, ce sont 20 milliards d’euros qui leur sont versés chaque année.

L’explosion de la dette publique découle directement de ce parasitisme organisé.

Refusant d’investir ou d’embaucher sans soutien public, les capitalistes vivent sous perfusion d’argent étatique. Cela ne s’arrête pas là : ils profitent aussi de la dette publique, en prêtant à l’État à des taux lucratifs — et en empochant les intérêts.

Non, ce n’est pas aux ouvriers, aux fonctionnaires, aux malades ou aux chômeurs de payer la dette publique. Cela fait trop longtemps que les capitalistes se gavent. Il est temps qu’ils paient l’addition !