Près de 500 travailleurs de Fedasil (l’agence fédérale chargée de l’accueil des demandeurs d’asile) ont dénoncé la politique migratoire inhumaine de l’État dans une lettre ouverte adressée à la ministre de l’Asile et la Migration, Anneleen Van Bossuyt (N-VA).
Écœurés par le non-accueil de toujours plus de demandeurs d’asile, ils rappellent : « Les travailleurs de Fedasil se sont engagés au sein de cette agence pour accueillir, non pour mettre des personnes à la rue. »
Ils dénoncent les « violations quotidiennes de l’État de droit et de la dignité humaine, tant à l’égard des demandeurs d’asile que du personnel de l’agence. […] Le budget pour le moment alloué ne permet pas […] d’octroyer des conditions d’accueil dignes pour nos bénéficiaires, et des conditions de travail adéquates pour les employés de Fedasil. Les restrictions budgétaires ainsi que l’annonce récente de la fermeture de plusieurs de nos centres représentent également des menaces sur nos emplois. […] Cette politique ne plonge pas seulement les bénéficiaires dans une détresse extrême, elle […] expose également [les travailleurs de Fedasil] à des risques juridiques réels. »
D’où vient la migration ?
Quitter son pays, abandonner la ville où l’on a grandi, laisser derrière soi ses proches, sa famille, ses amis… pour essayer de reconstruire sa vie dans un pays dont on ne parle pas la langue, dont on ne connaît rien, ni les lois, ni l’administration, ni même une seule personne sur qui compter. Ce choix n’est jamais réalisé de gaieté de cœur par les migrants qui risquent leur vie pour tenter de trouver un endroit sur la planète où ils auraient le droit de survivre en travaillant.
C’est la guerre, les bombardements et la misère qu’impose le capitalisme aux populations pauvres à travers le monde qui poussent à la migration. Après avoir rendus invivables des pays entiers, les brigands à la tête de l’impérialisme rendent encore invivable la vie de ces travailleurs en les déclarant « illégaux », en leur refusant l’asile, en les enfermant et en les expulsant.
Accord xénophobe
La Belgique vient de signer un accord avec l’Algérie pour le renvoi dans ce pays des personnes de nationalité algérienne considérées « en séjour illégal » en Belgique. Cela concerne 2.250 personnes ayant reçu un ordre de quitter le territoire en 2025, dont 700 sont emprisonnées.
Le gouvernement belge prétend ainsi lutter contre la surpopulation carcérale en faisant le tri entre les prisonniers avec ou sans papiers pour expulser ces derniers du territoire. Cette politique abjecte de division tente de masquer l’origine de la surpopulation carcérale.
Par exemple, le manque de place dans les centres de psychiatrie et les hôpitaux spécialisés, qui conduit à l’emprisonnement de personnes qui devraient pourtant être prises en charge dans des centres de soins adaptés. Le fait que la plupart des prisonniers sont des pauvres qui ont commis des petits délits, poussés par l’insécurité économique et la misère matérielle dans laquelle les plonge la société. Particulièrement s’ils sont sans-papiers. Alors que les riches ont presque toujours les moyens d’éviter la prison.
Le gouvernement ne cherche qu’à aggraver les conditions d’existence des sans-papiers car le patronat exploite encore plus fortement cette main d’œuvre extrêmement précaire.
À bas les frontières et le capitalisme !
Le non-accueil de demandeurs à Fedasil, les expulsions du territoire, l’utilisation de la xénophobie et du racisme comme instruments de division des opprimés… cette situation pourrissante est la conséquence directe du pouvoir de la bourgeoisie, coincée dans les contradictions de son système en crise.
Malgré le développement de l’économie à l’échelle mondiale, la bourgeoisie a conservé ses intérêts nationaux et donc la concurrence entre pays qui aboutit jusqu’aux guerres. Les frontières, les prisons ou le nationalisme qui conduit au mépris des autres peuples, sont des instruments d’oppression et de division que la bourgeoisie utilise contre les travailleurs.
Au plus l’économie est mondialisée, au plus la bourgeoisie a besoin de ces outils pour défendre durement ses intérêts nationaux qui ne correspondent pas aux développement réel, international, de la production et de la classe ouvrière.
Contrairement aux capitalistes, les travailleurs de tous les pays ont intérêt à lutter pour l’abolition des frontières, pour la libre circulation pour tous et pour le renversement du capitalisme à l’échelle mondiale.
