En Belgique, presque toutes les grandes villes sont lourdement endettées. Le PTB explique, à juste titre, que cet endettement est causé par la politique des gouvernements qui transfèrent aux villes de nouvelles charges sans transférer les moyens financiers suffisants.
Par exemple, l’État fédéral ne finance que 43% des zones de police, au lieu des 50% prévus et 25% des zones de secours, au lieu des 50% initialement promis. Rien que pour la Wallonie, le sous-financement des revenus d’intégration sociale (RIS) aurait coûté aux villes 2,4 milliards d’euros depuis 2009. Au total, toujours pour la Wallonie, le PTB évalue le coût de ces économies imposées par les gouvernements fédéraux successifs à 3,3 milliards depuis 2009.
Face à cette situation, le PTB constate que « les plus grands leviers pour taxer les grandes entreprises et les grandes fortunes ne se trouvent pas au niveau communal. La grande majorité des taxes, comme la taxe poubelle ou le stationnement payant, touchent d’abord les ménages. » Cela n’a pas empêché le PTB, lors de la campagne pour les élections communales de 2024, de promettre de diminuer la pression fiscale sur la population en la reportant « sur les épaules les plus larges ». Engagements tenus ? A Mons, à Molenbeek, à Forest, les échevins du PTB présentent comme une victoire l’augmentation des taxes sur les centres commerciaux, les sociétés de parking privé, les immeubles de bureaux, les enseignes publicitaires… Mais sans contrôle sur les prix par les travailleurs, qu’est ce qui empêchera les entreprises d’augmenter leurs prix pour reporter l’augmentation des taxes sur le dos des clients ?
Les élus PTB vantent les budgets communaux votés avec le PS comme des budgets « de résistance » ou de « résilience ». De grands mots pour camoufler une politique d’austérité. Mais pour être accepté par le PS, le PTB a dû accepter le principe « de budgets communaux à l’équilibre ». Et les échevins du PTB ont voté, avec ceux du PS, des suppressions d’emplois communaux et une diminution des budgets dont dépend la population, dans les CPAS, les zones de secours, les associations sportives et culturelles. Les taxes et redevances continuent, comme par le passé, à peser essentiellement sur les travailleurs et les pauvres.
A Mons, la coalition PS-PTB-Ecolo a décidé de ne pas remplacer un départ sur deux pour le personnel communal. Le budget du CPAS est abaissé de 1 million d’euros, celui des pompiers, de 1 million et demi. Les baisses de subsides pèsent sur les institutions culturelles, telles que Mons Arts de la Scène, ou sportives, avec la dissolution prévue de l’association MonsSport. Les taxes sur les centres commerciaux ont augmenté de façon modeste… par rapport à l’augmentation, parfois très importante, des taxes et redevances qui pèsent sur les habitants.
A Molenbeek, la coalition PS-Vooruit-PTB-Molenbeek Autre-ment annonce des taxes sur les grands bureaux, les grandes surfaces, les parkings privés qui devraient rapporter 2,5 millions d’euros cette année. Mais l’essentiel des revenus communaux (5 millions) proviendra de la vente de terrains et de bâtiments de la commune, ce qui prépare généralement une augmentation des loyers payés par la commune à des promoteurs privés.
A Forest, la coalition PS-PTB-Ecolo-Groen a décidé une augmentation des taxes sur les grands évènements, les tarifs de stationnement et le coliving (location en commun d’un appartement pour y vivre et télétravailler, pratiqué par de nombreux jeunes). Bref, des taxes qui sont payées d’une façon ou d’une autre par la population.
Mais alors, que faire ?
Contre l’austérité imposée aux communes, « le PTB appelle à refinancer le fonds des communes, supprimer les plans d’austérité (…) et exiger que l’État fédéral assume enfin ses responsabilités. » (Julien Liradelfo, député PTB, 24 mars 2025) « Nous voulons lancer un mouvement des villes européennes pour remettre en cause les traités d’austérité européens » (PTB – Molenbeek). Bref, au lieu de donner une perspective aux travailleurs dans la lutte des classes contre les patrons et capitalistes, le PTB préconise une coalition des villes pour faire pression sur les gouvernements et sur l’Europe.
Mais dans chaque ville habitent des gagnants et des perdants du système capitaliste. Des grands et des petits patrons qui reçoivent des subsides et des commandes publiques, et des ouvriers exploités sans papiers, ni droit de vote… Des spéculateurs immobiliers petits et grands, et des pensionnés qui dorment dans des garages. Comment les rassembler autour d’un programme commun?
C’est impossible évidemment. C’est pourquoi présenter la recherche d’une majorité électorale pour améliorer la vie des opprimés est une tromperie. Seul un combat qui unit tous les exploités, autour de leurs intérêts de travailleurs, qu’ils aient ou non le droit de vote, peut changer les rapports de force et imposer des concessions aux riches milliardaires qui prospèrent sur la misère… voire les renverser définitivement !
