La moitié d’un mois de salaire : voilà ce que doivent payer pour leur précompte immobilier beaucoup de travailleurs propriétaires de leur logement. Un montant qui augmente chaque année bien plus fortement que les salaires et les pensions : +40% en sept ans, par exemple, à Herstal.
Cet impôt touche, y compris, les quatre millions de propriétaires qui habitent leur logement et ne le louent pas.
Quant aux gros propriétaires qui mettent en location des logements, eux, ne sont pas touchés car, comme le reconnaît le président du Syndicat des propriétaires de Bruxelles : « Le propriétaire paie le précompte, mais celui-ci finit par le répercuter sur les loyers. Ce sont donc les locataires qui payent ».
… pour leur faire payer l’austérité
Cet impôt régional est un des plus grandes sources de revenu des communes. Calculé sur base d’un « revenu cadastral » théorique, indexé chaque année, les communes et provinces y ajoutent des « centimes additionnels » qui varient selon la commune. Ce sont les communes les plus pauvres, les plus touchées par les exclusions du chômage, dont le gouvernement fédéral reporte la charge sur les CPAS, qui appliquent les augmentations les plus fortes : + 6% (Charleroi), + 10% (La Louvière), + 26% (Koekelberg), voire + 37% (Saint-Josse). Ainsi, Saint Josse passe à 4090 centimes additionnels tandis que Knokke-Heist applique 1200 centimes additionnels.
Un impôt indolore pour les riches
Pour les 8.000 gros multi-propriétaires en Belgique, qui possèdent ensemble des centaines de milliers de logements, le tarif n’est pas le même. Pour le prix d’un bon expert-comptable, il est facile de créer une société immobilière ou un holding pour lesquels le précompte immobilier est considéré comme « une charge d’exploitation » déductible des impôts à… 100%.
L’actionnaire millionnaire dont la fortune, placée en bourse, augmente avec les licenciements annonciateurs de plus de profits pour les entreprises, ne paiera donc rien sur les loyers qu’il encaisse.
L’ouvrier ou la caissière qui perd son travail, risque de perdre également sa maison, tandis que l’ensemble des travailleurs paient toujours plus d’impôts pour des services communaux diminués ou fermés.
