L’affaire Epstein : une bourgeoisie aussi pourrie que son système

L’affaire Epstein lève une partie du voile de la réalité sordide de la classe bourgeoise au pouvoir. Pendant des années, ce financier multi millionnaire a organisé un trafic de femmes, dont des mineures, pour des personnes au pouvoir dans le monde, capitalistes, politiciens, familles royales, etc. en toute impunité.

Malgré sa condamnation pour prostitution de femmes mineures en 2008, aucune enquête n’avait été réalisée, et il avait pu continuer son activité, y compris de sa prison dont il pouvait régulièrement sortir pour « aller travailler ».

Même Donald Trump qui a prétendu révéler toute l’affaire lors de sa campagne électorale, a freiné de tout son poids pour tenter d’empêcher les documents du dossier Epstein d’être révélés. Les millions de documents qui ont fini par être publiés après des pressions des membres du Congrès révèlent comment s’organise la grande bourgeoisie à l’échelle mondiale. Et toute une partie n’est toujours pas publiée.

Le maillon d’une classe sociale

Jeffrey Epstein lui-même ne vient pas d’une famille capitaliste, mais s’est trouvé une place dans leurs réseaux en gérant leurs fortunes et en se faisant repérer par des milliardaires comme Léon Black (Appollo Global Management) et Les Wexner (Victoria Secret) pour sa capacité à contourner les lois et à augmenter leurs fortunes par tous les moyens. Il a ainsi été présenté à tout un milieu d’affaires, mais aussi à des politiciens, membres de familles royales, journalistes, professeurs d’université, etc.

C’est en rendant des services grassement rémunérés, que Epstein s’est enrichi de plusieurs centaines de millions de dollars. Il organisait, par exemple, des montages financiers pour échapper à l’impôt pour le magnat de la presse Mortimer Zuckerman, ou pour Ariane de Rothschild, actuelle dirigeante du fonds d’investissement Edmond de Rothschild.

Epstein n’était qu’un maillon des réseaux de pouvoir de la bourgeoisie qui s’étendent dans le monde entier.

La corruption, rouage du capitalisme

Les fichiers Epstein révèlent ainsi le détail de nombreuses discussions et transactions avec de nombreux politiciens. Epstein avait noué des relations avec des hommes influents dans le monde entier, de tous les pays et de tous les bords politiques. On peut citer évidemment Donald Trump, dont il a été très proche, le conseiller d’extrême droite de Trump, Steve Bannon, mais aussi la conseillère juridique de la maison blanche sous Obama, Kathy Ruemmler, le politicien travailliste Peter Mandelson, le socialiste français Jack Lang, l’ancien ministre de la défense israélien Ehud Barak, le prince anglais Andrew, la princesse de Norvège Mette-Marit ou le diplomate norvégien Terje Rød-Larsen.

Ces différents liens lui servaient de réseau d’informations, comme quand le ministre Mandelson l’informait à l’avance de nouvelles lois fiscales en Angleterre, ou d’un plan de relance européen. Mais il pouvait aussi activer ce réseau pour rendre divers services, comme quand le diplomate Rød-Larsen, qui avait une réputation internationale après avoir négocié les accords d’Oslo entre Israël et la Palestine, recevait des millions pour user de son influence pour aider des milliardaires à échapper à l’impôt.

Mais ces échanges ne sont qu’une toute petite partie des liens entre capitalistes et politiciens. En réalité, les capitalistes sont liés aux politiciens de tous bords et agissent en fonction de leurs intérêts communs.

Des relais dans toute la société

Epstein étend son réseau autant aux milieux universitaires qu’aux milieux artistiques ou sportifs. Il est ainsi en contact avec Noam Chomsky, le linguiste de gauche, le producteur de films Barry Josephson, le gourou spirituel Deepak Chopra, le président de Harvard Lawrence Summers, le chercheur en IA Josha Bach, ou encore Casey Wasserman, président du comité d’organisation des JO.

Les échanges avec tous ces individus montrent de nombreuses rencontres et des discussions souvent politiques, où s’expriment parfois des opinions ouvertement eugénistes ou fascistes. Et les liens passent souvent par des soutiens financiers de la part de Epstein, comme auprès de la prestigieuse New York Academy of Art, ou auprès de Josha Bach.

La bourgeoisie sait qu’elle a besoin d’entretenir des liens avec l’ensemble des personnalités influentes qu’elle tente de gagner à ses intérêts. En Belgique, le roi, membre central de la bourgeoisie belge, invite ainsi régulièrement des artistes ou intellectuels influents. Tous ces liens servent de points d’appui pour légitimer son ordre social, notamment pour appeler au calme lorsqu’il y a des mobilisations, ou encore pour embrigader les populations dans les guerres qu’elle organise pour ses profits.

Une classe capitaliste à renverser !

De nombreux commentateurs d’extrême droite tentent de récupérer l’affaire Epstein en présentant le réseau d’Epstein comme un « complot juif » pour dominer le monde. Son réseau est pourtant composé d’individus de tous les continents et de toutes les religions, tant en Israël qu’au Qatar ou en Syrie. Epstein était même très proche de Steve Bannon, ouvertement antisémite et proche de groupes néo-nazis.

La seule religion qui relie tous ces individus, c’est celle du profit sonnant et trébuchant. Les accusations contre les Juifs permettent, encore une fois, de tenter de disculper les capitalistes, dont la plupart ne sont pas juifs, pour accuser un peuple qui sert de bouc émissaire.

Epstein est avant tout un représentant de la bourgeoisie. Une classe sociale organisée, consciente de ses intérêts, qui possède le pouvoir économique et politique. Une classe sociale qui transforme tout en marchandises, y compris les femmes et les enfants. Une classe sociale qui s’enrichit sur le dos des travailleurs, qui plonge l’humanité de crise en crise, et qui nous emmène vers des explosions guerrières toujours plus violentes et barbares. Une classe sociale entièrement parasitaire qu’il faut d’urgence renverser!