La santé, ça n’a pas de prix ?

Selon une note obtenue par le journal L’Echo, le gouvernement De Wever prépare une quinzaine de mesures d’austérité pour racler 6 milliards d’euros de plus sur le dos des malades ! C’est l’Inami (Institut national d’assurance maladie-invalidité) qui serait chargée d’analyser où faire les économies budgétaires.

Et ils ne comptent pas y aller de main morte. Leur première « piste » serait une franchise de 500 € par an et par personne ! C’est-à-dire qu’on ne serait plus remboursés des soins de santé qu’après avoir payé 500 euros de notre poche ! Ce serait un racket supplémentaire inacceptable, alors que nous payons déjà 100 % de la sécurité sociale, prélevée sur notre salaire !

Ensuite, la note parle de faire 30 % d’économies en limitant l’accès au statut BIM. Les « bénéficiaires » de l’intervention majorée ne recevraient plus automatiquement ce statut et certains en seraient même exclus ! C’est encore s’attaquer aux plus précaires, pour qui cette aide insuffisante est néanmoins indispensable pour espérer se soigner. Pour beaucoup d’entre eux, être exclu du statut BIM signifierait être exclu des services de santé essentiels.

Dans la foulée, le gouvernement envisage d’augmenter le ticket modérateur, c’est-à-dire le prix payé par le patient pour chaque rendez-vous chez le médecin, chez le kiné, pour obtenir des soins infirmiers à domicile, etc.

Sous prétexte de « lutter contre la fraude sociale », il rendrait obligatoire le contrôle physique des invalides, même ceux qui résident à l’étranger.

Des projets sordides

N’importe quel travailleur de la santé en est horrifié. Il est évident que de telles mesures entraîneraient des conséquences graves pour les malades, que les plus pauvres seraient encore plus privés de soins. Quant aux soignants, cela ne pourrait qu’aggraver leurs conditions de travail, voire engendrer à terme, des suppressions d’emplois.

Ces mesures ne sont encore que des « pistes », mais elles dévoilent ce qui est bel et bien sûr : pour « assainir » leurs finances, les gouvernements n’hésiteront pas à laisser pourrir la santé humaine en coupant les soins aux malades et aux invalides. Alors qu’à l’autre pôle de la société, les milliardaires n’ont jamais été aussi riches. C’est aussi cela que les politiciens veulent cacher en pointant du doigt les malades, après les chômeurs et les immigrés, comme « profiteurs ».

Les vrais profiteurs ce sont les capitalistes, qui s’enrichissent sur notre travail et qui continuent de toucher des milliards d’euros de subventions chaque année, payées avec les impôts des travailleurs. C’est leurs profits qui appauvrissent toute la société et creusent la dette, alors c’est eux qu’il faudra faire payer !