Le ministre américain de la Guerre, Pete Hegseth, a réclamé au congrès des États-Unis une rallonge de 87,5 milliards de dollars pour financer la guerre en Iran. Selon lui, l’administration Trump et le chef d’état-major de l’armée américaine, cette rallonge serait « urgente » et « nécessaire ».
Mais nécessaire à quoi exactement ? Si ce n’est à aggraver le chaos et la barbarie dans lesquels les Iraniens et les centaines de millions d’habitants du Moyen-Orient sont déjà plongés !
Pendant que les marchands d’armes sabrent le champagne, les destructions s’aggravent avec les bombardements continus des États-Unis sur l’Iran. Selon un bilan du 24 juillet, 55 personnes ont été tuées et plus de 640 blessées depuis la reprise des opérations américaines à peine treize jours plus tôt. Une centrale nucléaire, à Karun dans le sud du pays a été visée, et maintenant le centre et le nord-ouest de l’Iran sont aussi bombardés.
Le détroit d’Ormuz, où transitait un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures, est à nouveau bloqué et le prix du pétrole est déjà remonté en flèche. Et derrière chaque conséquence économique de la continuation de la guerre, il y a le risque que celle-ci s’étende.
Suite aux attaques américaines, l’Iran a riposté en visant des cibles militaires américaines au Koweït et un aéroport au Kurdistan irakien qui a dû suspendre ses vols. La guerre menée par les États-Unis conduit à une augmentation des tensions entre tous les régimes de la région.
Par exemple, pour contourner le blocus du détroit d’Ormuz, l’Arabie saoudite, le premier exportateur de pétrole brut au monde, utilise le détroit de Bab El-Mandeb qui est un autre goulot d’étranglement maritime reliant la mer Rouge et l’Océan Indien.
Mais ce détroit est bordé par le Yémen, pays qui subit depuis 2015 un blocus de l’Arabie saoudite, soutenue par les États occidentaux. Les Houthis, alliés de l’Iran et au pouvoir dans une partie du pays, ont commencé à bloquer le détroit de Bab El-Mandeb aux bateaux de commerce saoudiens.
Extension de la guerre
En plus de la réaction en chaîne sur la hausse des prix du pétrole, c’est la guerre de 2015 déclenchée par l’Arabie saoudite contre le Yémen qui menace de reprendre. Cette guerre qui a déjà fait des centaines de milliers de morts et plongé le pays dans une grave crise humanitaire.
Les capitalistes américains, et à leur suite tout l’ordre impérialiste occidental, plongent le monde dans une guerre qui s’élargit. Le contrôle de la région, du détroit d’Ormuz et du commerce du pétrole et du gaz n’est pas le seul objectif des États-Unis.
Le régime iranien tient tête aux États-Unis depuis 47 ans, et ce, même après plusieurs mois de bombardements intensifs israélo-américains. Les dirigeants de la première puissance capitaliste mondiale n’acceptent pas que leur domination soit contestée. C’est le propre de la concurrence entre grandes puissances capitalistes que de vouloir « réduire à néant » son adversaire, comme le dit Trump.
Derrière l’Iran, c’est la concurrence avec la Chine qui se profile et pourrait dégénérer en guerre ouverte.
La dictature des mollahs n’est pas tombée
Quand il a déclenché la guerre, Trump prétendait décapiter et écraser le régime en quelques jours. Il a prétendu vouloir libérer la population iranienne de la dictature. Bien sûr c’était un mensonge éhonté. Mais quel bilan, comment a évolué le régime après six mois d’intervention américaine ?
La république islamique n’est pas tombée. Au contraire, elle semble s’être renforcée à bien des niveaux, alors qu’en janvier, des millions d’Iraniens se révoltaient courageusement contre le régime au péril de leur vie. Ils manifestaient aux cris d’ « à bas la dictature » et parfois même « ni monarchie, ni guide suprême » !
L’offensive impérialiste a donc aidé les Pasdarans à renforcer leur poigne sur la population iranienne en resserrant les rangs derrière la défense nationale et les intérêts de la bourgeoisie iranienne. Des manifestants politiques, arrêtés en janvier, sont maintenant exécutés. Des travailleurs en grève pour réclamer le paiement de leur salaire ou pour ne pas être mis en danger sur des installations endommagées sont réprimés plus durement. En plus des morts, des destructions de quartiers populaires, d’écoles, d’usines ; en plus des pertes d’emplois, des pénuries et de l’inflation, la population iranienne subit une répression encore plus féroce.
