Début octobre, une centaine de travailleurs du magasin Ikea à Hognoul (soit 80%), près de Liège, ont fait grève pendant dix jours. Ils dénonçaient sur le piquet les conditions de travail révoltantes qui ne font que se détériorer. Le sous-effectif permanent, dû au non-remplacement des départs à la retraite et des malades. Les pressions psychologiques venant de la direction et de toute la hiérarchie de petits chefs, qui surveillent les employés pour faire tenir les cadences et « assurer la rentabilité ».
Après que d’autres travailleurs des Ikea de Zaventem, Anderlecht, Mons, Gand et Wilrijk aient suivi leurs collègues dans la grève, la direction du groupe a promis treize nouveaux CDI à Hognoul, pour faire reprendre le travail avant que le mouvement ne s’étende encore plus.
Treize CDI, c’est un début qui montre que la grève fait peur aux patrons d’Ikea. Mais si les travailleurs veulent s’assurer d’obtenir cette amélioration encore bien insuffisante, ils doivent contrôler eux-mêmes l’organisation de la grève : début et fin, revendications, choix des actions…
Il faudra étendre les luttes !
Les charges de travail intenables sont généralisées à tous les magasins de distribution. Comme chez Action, où le remplissage des rayons est littéralement une course contre la montre, surveillée par le manager qui chuchote des ordres à l’oreillette. Comme chez Aldi, où la moindre minute de pause peut valoir une retenue sur salaire. Comme dans les magasins franchisés de Delhaize, qui emploient bien plus d’étudiants que d’embauchés, mettant tous les travailleurs dans des situations compliquées car la plupart n’ont pas eu le temps d’être formés. Alors que les travailleurs de Cora s’apprêtent à perdre tout simplement leur emploi, plus tous ceux qui risquent de perdre le sursalaire de nuit à la demande du patronat… Et en dehors des magasins, le constat est similaire dans tous les secteurs du monde du travail.
Cela est visible ! Les attaques contre les travailleurs viennent de l’ensemble du patronat qui s’organise, se concerte et défend ses intérêts en aggravant l’exploitation.
Mais les travailleurs ont la force de s’en défendre. Ils sont majoritaires dans la société et ont intérêt à s’unir à leur tour pour défendre leur salaire et leurs conditions de travail collectivement. C’est une nécessité. Quand les luttes apparaissent, il faut militer pour qu’elles s’étendent et soient dirigées par les travailleurs eux-mêmes.
