Groenland, au cœur des rivalités impérialistes

Après avoir enlevé le président vénézuélien Maduro pour mettre la main sur le pays et ses immenses réserves de pétrole et écarter la Chine, Trump a annoncé vouloir la propriété du Groenland.

Cette île, sous contrôle danois, intéresse les États-Unis car, en plus de ses ressources minières, elle se situe au croisement des futures routes de navigation stratégiques de l’Arctique, rendues navigables par le réchauffement climatique. Et l’État américain veut y installer de nouvelles bases militaires.

Cette volonté d’annexion d’un territoire d’un pays de l’OTAN a provoqué la stupeur des dirigeants européens. Huit États européens ont envoyé une poignée de soldats au Groenland pour une « mission de reconnaissance »…pour tenter d’afficher une cohésion européenne face aux États-Unis. Au Conseil européen, l’usage potentiel de sanctions économiques contre les États-Unis a été discuté.

Finalement Trump a changé de discours, et annoncé qu’il renonçait à utiliser son armée pour s’emparer du Groenland… ayant obtenu en grande partie ce qu’il désirait. Le New York Times évoque que les États-Unis auraient toute liberté d’installer autant de bases militaires que souhaité. Et sans doute aussi l’accès privilégié aux ressources minières.

Ni Trump, ni les dirigeants européens, ne défendent les intérêts de la population groenlandaise. Le Groenland est, depuis le 18ᵉ siècle, une colonie du Danemark. Ses habitants, les Inuits, ont été réduits au rang de citoyens de seconde zone, et la société inuite a été largement détruite par la colonisation. Dans les années 1960-1970, la moitié des femmes de l’île ont été stérilisées de force.

Poussée de nationalisme européen

Face aux aboiements agressifs de Trump, les dirigeants européens se présentent comme les garants de « l’ordre mondial », et de « la paix » au nom de laquelle ils sont en train… de se réarmer !

De Wever, pourtant fieffé atlantiste, défend un « front commun » européen afin de ne pas « perdre sa dignité » face aux États-Unis. Dans le même temps, l’armée belge prévoit d’augmenter le nombre de réservistes de 6.000 à 20.000. Tous les États européens se préparent activement à une future guerre.

Mais les dirigeants européens ne valent pas mieux que ceux des autres grandes puissances. Les États européens ont pillé et massacré – et continuent de le faire – presque tous les autres peuples par la colonisation, et mis le monde à feu et à sang lors de deux guerres mondiales. Aujourd’hui, ils tentent de défendre une place pour leur bourgeoisie dans l’affrontement capitaliste mondial, dans un contexte où la concurrence s’exacerbe, réduisant les plus faibles à la portion congrue.

Cela amène toutes les bourgeoisies à s’en prendre aux conditions de vie de leur propre population.

En Belgique, le gouvernement augmente les budgets militaires et défend les profits des capitalistes en coupant dans les dépenses sociales et en faisant pression sur les salaires à travers les réformes du chômage, des pensions et du travail de nuit.

Les principaux ennemis des travailleurs, ce sont leurs propres capitalistes !