Grève chez Bpost 

Après trois semaines de grève, la direction de Bpost a été contrainte de faire plusieurs concessions aux travailleurs. Le pré-accord proposé aux syndicats prévoit que « la majorité des services » se termineront à 17 heures, le maintien du titulariat, c’est à dire des tournées fixes qui diminuent la charge de travail, la garantie d’horaires fixes connus une semaine à l’avance, un pool de postiers pour des renforts en interne et une augmentation de deux euros des chèques repas. 

Mais les grévistes ne font aucune confiance à la direction. Si elle promet de terminer « la majorité des services à 17 heures pour que le personnel puisse aller chercher les enfants à l’école », c’est pour imposer des horaires plus tardifs à une minorité, puis grignoter toujours plus de flexibilité sur la majorité. Une expérience que les postiers ont déjà tous vécue. 

La grève a renforcé les travailleurs face au patron qui utilise la flexibilité pour faire courir toujours plus les postiers et ainsi supprimer encore des emplois. De 45.000 au début des années 1990, il ne reste que 24.000 postiers à l’heure actuelle. Certes il y a moins de courrier, mais plus de colis !

Mais en fermant les petits dépôts pour rassembler le personnel dans des centres de tri ultra-automatisés, la direction a regroupé des milliers de travailleurs et favorisé leur capacité à s’organiser et à lutter pour leurs intérêts. 

La force des travailleurs, c’est la grève

Depuis trois semaines, les médias, les organisations patronales et les politiciens critiquent en boucle les grévistes de Bpost. Des entreprises ne peuvent livrer leurs commandes, des véhicules ne reçoivent pas leurs plaques d’immatriculation, les logopèdes et les kinés ne sont pas remboursés par les mutuelles parce que les justificatifs de leurs prestations sont bloqués dans un centre de tri… 

Oui, après des années de propagande patronale justifiant les sacrifices au nom du recul du courrier, la grève révèle à quel point les postiers sont au centre du fonctionnement de l’économie. 

Les organisations patronales, relayées par le MR, voudraient imposer un service minimum chez Bpost comme à De Lijn et à la SNCB. Les travailleurs de Bpost ont démontré que la grève est leur force collective face aux patrons et cela montre le chemin aux travailleurs de tous les secteurs, confrontés aux mêmes problèmes, service minimum ou pas.