Les 90 ouvriers d’Alstom, à Charleroi, ont organisé un piquet de grève le lundi 16 et le mardi 17 février.
Le vendredi précédent, les ouvriers ont arrêté le travail face au refus de la direction de leur accorder les avantages concédés aux 700 ingénieurs et 200 techniciens du site lors des conventions collectives.
C’était une nouvelle confirmation du mépris de la direction à l’égard des ouvriers, et la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
Les ouvriers se sont réunis en assemblée pour décider la grève. 19 des 20 intérimaires présents ont voté pour la grève pour soutenir les 70 ouvriers embauchés.
Lundi, en arrivant au travail, les ingénieurs et les techniciens ont trouvé un piquet de grève. Certains trouvaient les revendications des ouvriers « ineptes », parce qu’ils réclamaient, entre autres, l’internet à domicile payé par le patron, comme pour les autres catégories. Mais d’autres ingénieurs étaient « étonnés » de la colère et de la détermination des ouvriers à obtenir quelque chose par leur grève. Le site est resté deux jours à l’arrêt.
Finalement, la gestionnaire RH, qui n’avait jamais cédé à un mouvement de grève, a dû ravaler sa morgue pour relayer les propositions de la direction d’une augmentation des chèques repas à dix euros, l’augmentation d’une prime et l’embauche en CDI de six intérimaires.
Cette victoire ne résout pas le problème des salaires, mais les travailleurs ont pu vérifier la force de la solidarité.
