Il faut maintenant débourser 10 à 30 euros de plus pour faire le plein. Une fois de plus, nous nous retrouvons rackettés avant même d’avoir commencé notre journée de travail ! Certains, qui ont les plus petits salaires et habitent loin de leur lieu de travail perdent même peut-être de l’argent en allant travailler. C’est le cas des aides familiales à domiciles, « au bout d’un moment, le choix est simple : soit tu donnes à manger à tes enfants, soit tu mets du carburant pour aller travailler » dénonce Corinne, 52 ans, qui travaille comme aide familiale depuis 34 ans et est également déléguée syndicale.
Pourtant, aucune pénurie d’hydrocarbure ne frappe encore la Belgique. Même si l’Iran menace les bateaux qui transportent le pétrole depuis les pays du Golfe, il faut attendre entre un et six mois entre l’extraction des hydrocarbures et leur vente pour la consommation : aujourd’hui les entreprises de l’énergie profitent de la guerre pour faire exploser le prix de carburant qu’elles ont acheté à bas coûts il y a des mois et rafler la mise ! Sans compter que sur 100 litres de pétrole importés en Belgique, seuls 4 litres viennent des pays du Golfe. Les prix montent uniquement à cause de la spéculation !
Et le pire est à venir. Les capitalistes de tous les secteurs vont répercuter la hausse des prix de l’énergie sur le prix de toutes les marchandises. A cela s’ajoute que personne, même pas Trump, ne sait comment va évoluer la guerre en Iran.
Aujourd’hui, contrairement à d’autres pays en Asie, il n’y a pas encore de pénurie en Europe, et les pays les plus riches, comme la Belgique, affirment disposer de stocks pour une période d’environ trois mois. Mais la région du Golfe fournit près d’un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, sans compter des tonnes d’engrais ou encore d’hélium ! Si le conflit se prolonge encore pendant des mois, les risques de pénuries pour l’économie mondiale ne feront qu’augmenter et c’est aux populations que les capitalistes voudront faire payer la note de cette guerre !
Le seul et unique moyen de ne pas être roulés dans la farine et d’assurer nos intérêts vitaux est que nos salaires, nos allocations et nos retraites suivent les hausses de prix et que nous nous organisions pour les contrôler nous-mêmes. Il faut donc se battre pour récupérer sur nos salaires l’équivalent du trou creusé par la flambée des prix de l’essence et de tous les autres produits. Si nous avons perdu 50 ou 100 euros en mars, il nous faut 50 ou 100 euros en plus sur notre salaire !
Il n’y a pas d’autre option. Il n’y a qu’à voir le « dispositif d’aide » à destination « [des] ménages vulnérables et [des] travailleurs dont les frais de déplacement augmentent » décidé par le gouvernement et dont le MR fait sa publicité. Pour ceux qui en bénéficieront, ce sera probablement un bol d’air bienvenu mais insuffisant, et qu’en est-il de tous ceux qui n’y auront pas droit ?! D’autant plus que ces « aides » seront financées par les travailleurs eux-mêmes avec l’augmentation des taxes ! Sans prendre sur les profits des capitalistes, voilà tout ce qu’il y a à attendre de l’intervention des gouvernements : des mesures payées par les travailleurs !
Or, quand les prix explosent et que les budgets se resserrent d’un côté de la société, de l’autre les profits s’accumulent par milliards. C’est là qu’il faut prendre l’argent : sur les profits engendrés par les capitalistes de l’énergie, de la finance et des autres secteurs !
C’est pour cela que la proposition du PTB de « supprimer les accises » ne peut pas suffire. Oui cet impôt injuste mériterait de disparaître ! Mais si l’argent collecté par cette taxe n’est pas compensé par les capitalistes, ce sont les travailleurs qui finiront par payer par des restrictions budgétaires ou des hausses d’autres impôts !
