Extension de la guerre au Moyen-Orient

La guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran continue. En juin, les USA et l’Iran avaient signé un accord provisoire visant prétendument à y mettre fin. Aujourd’hui, le délai prévu par l’accord a expiré et le conflit se dirige vers de nouvelles extensions plutôt que vers son terme.

Fin juillet, un navire iranien était frappé par l’Ukraine en mer Caspienne et un méthanier lié à des intérêts américains était attaqué dans un port égyptien. Parallèlement, les forces américaines et saoudiennes bombardaient des groupes alliés de l’Iran dans l’est de l’Irak, tandis que l’Iran tirait des missiles sur les troupes américaines en Jordanie. Samedi 20 Août, c’était au tour de la Syrie de dénoncer les « attaques répétées » d’Israël sur son sol, après qu’un drone ait frappé le sud du pays, quelques jours après le bombardement d’une base militaire dans le nord-ouest.

Les pays du Moyen-Orient s’arment de plus en plus et le jeu des alliances militaires bat son plein. L’Arabie saoudite a signé, le 7 août, un accord de défense avec le Pakistan et la Turquie, deux autres puissances régionales. Même si ces trois pays sont des alliés des États-Unis, cet accord signé sans le parrainage de Trump, marque la volonté de leurs dirigeants de ne pas dépendre entièrement des États-Unis pour la défense de leurs intérêts stratégiques.

Pour Trump, l’enjeu demeure la domination de région, la soumission du régime iranien et le contrôle du détroit d’Ormuz. Il ne dispose néanmoins pas des moyens politiques, à quelques mois des élections de mi-mandat, de déclencher une guerre totale contre l’Iran. Même ses moyens militaires non nucléaires sont insuffisants pour mettre l’Iran à genoux.

C’est pourquoi, jeudi 20 Août, les États-Unis ont pressé leurs alliés et la Chine de rejoindre une vaste opération de pression économique contre l’Iran, censée faire « chuter le régime » de Téhéran sans reprise des opérations militaires. Pour tenter de leur forcer la main, le régime américain a affirmé que les pays qui ne soutiendraient pas cette offensive seraient considérés comme étant « contre nous » (c’est-à-dire contre les USA), et Trump a menacé de « terribles représailles économiques » tous les pays qui soutiendraient Téhéran malgré cet avertissement.

C’est principalement la Chine qui est visée par ces menaces. Plus d’un quart des échanges commerciaux de l’Iran en 2024 ont été réalisés avec la Chine, qui est une grande consommatrice du pétrole iranien, et cela malgré les sanctions américaines.

En Europe aussi, nous pourrions être atteint par la guerre. Les pays européens sont déjà impliqués dans la guerre contre l’Iran par les bases de l’Otan qu’ils abritent. Dans les médias, des voix tentent déjà de préparer l’opinion publique européenne en parlant de « menace iranienne », et, mercredi 19 Août, le journal financier Financial Times, assurant citer des sources proches du gouvernement iranienn prétendait que Téhéran envisageait de viser des cibles dans le sud-est de l’Europe si le président américain Donald Trump décidait d’intensifier le conflit.

La guerre apparaît de plus en plus comme un incendie hors de contrôle. Les gouvernements de tous les pays empilent les combustibles et multiplient les efforts pour embrigader les populations. Tous, nous aurons à souffrir des conséquences des guerres jusqu’à ce que les travailleurs renversent le régime capitaliste qui les provoque.