Exclusions du chômage : ne soyons pas dupes !

Les gouvernements ont créé des dizaines de niches fiscales pour permettre aux milliardaires d’éluder l’impôt et ils ont baissé les cotisations patronales à la sécurité sociale. A présent, les voilà qui veulent prendre sur les pensions et les salaires des membres des ménages des demandeurs du RIS sous prétexte « de solidarité ». Pour préparer leurs mauvais coups contre les classes populaires, les politiciens disposent de réserves illimitées de démagogie pour opposer les travailleurs les uns aux autres, jusqu’ au milieu du cercle familial !

Réforme du statut de cohabitant pour l’aide sociale

Après avoir exclu des dizaines de milliers de chômeurs par la réforme du chômage, le gouvernement De Wever prépare la réforme du Revenu d’Intégration Sociale (RIS) versé par les CPAS.

Si les projets de loi sont votés, tous les membres majeurs du ménage seront considérés d’office comme cohabitants, et leurs revenus seront pris en compte pour le calcul des droits et des montants du RIS.

La petite pension de la grand-mère, le salaire d’un enfant majeur devront obligatoirement subvenir aux besoins d’une personne qui demanderait l’aide du CPAS. Même les allocations familiales seront intégrées au calcul pour justifier la diminution, voire la suppression, du RIS. Des milliers de ménages seront frappés par cette mesure parmi les anciens et les nouveaux demandeurs de l’aide sociale.

Exclusions et extorsions

Début janvier 2026, les 26 millions d’aides fédérales aux CPAS promis pour 2025 par les ministres de De Wever pour financer l’encadrement et les aides sociales à la première vague d’exclus ne sont pas encore versés.

Il est évident que le gouvernement fédéral, tout à sa politique d’austérité, continuera à trouver toute sorte d’obstacles pour retarder le paiement des 234 millions d’aides prévues aux CPAS pour 2026.

Sur le terrain, les CPAS ont mis les moyens pour accueillir et orienter les exclus de janvier, notamment par crainte des tensions et des révoltes, y compris de la part du personnel des CPAS. Mais c’est dans les poches des familles des exclus et des demandeurs actuels du RIS que le gouvernement veut obliger les CPAS à chercher l’argent !

Le PS ne nous aidera pas

Fin décembre, Paul Magnette a avoué que « aucune formation politique n’acceptera de revenir en arrière sur la réforme du chômage ». Y compris le PS, donc. A la place, Magnette propose « de travailler sur la mise à l’emploi, sur l’individualisation des droits et les dispositifs pour les publics en difficulté ». Soit précisément la politique de cadeaux aux entreprises qui a enfoncé les travailleurs dans la précarité, et les emplois aidés que les gouvernements peuvent supprimer par un vote au parlement en laissant des dizaines de milliers de travailleurs sans aucun droit.

Quant à revenir sur le statut de cohabitant… introduit pas le ministre socialiste Roger De Wulf en 1980 lors des plans d’austérité du gouvernement Maertens (Sociaux-Chrétiens flamands) – Spitaels (PS), Magnette nous expliquera bientôt « qu’aucune formation politique n’est prête à cela ».

Témoignage d’un travailleur en formation

« Vu mon parcours professionnel, j’espérais obtenir une formation comme conducteur de chantier pour conserver mon droit aux allocations de chômage et retrouver un emploi avec un salaire correct.

Mais les formateurs du Forem sont très sélectifs. Ils disent que chaque place leur coûte 40.000 euros et qu’avec les nouvelles règles du chômage, beaucoup d’entre nous seront exclus malgré tout et qu’on n’aura pas les moyens de suivre leur formation jusqu’au bout. Je risque donc d’être exclu du chômage et des formations ! »

Dialogue avec un petit patron du bâtiment

« La réforme du chômage frappe dur, mais elle produit des effets positifs : beaucoup de mes anciens ouvriers m’appellent pour me demander si j’ai un travail pour eux parce qu’ils vont perdre leur allocation de chômage.

– Et tu pourras leur donner un travail à tous ?

– Ça, c’est difficile. La situation est mauvaise. Beaucoup de confrères que je connais ont dû arrêter.

– Ben oui, les clients hésitent. Ils se demandent comment ils vont te payer s’ils perdent leur travail et se retrouvent forcés d’accepter des salaires trop bas… ».