Exclus du chômage mais toujours sans emploi

« Le monitoring confirme la réussite de ma réforme », se félicite David Clarinval. Le ministre de l’Emploi affirme qu’une personne sur trois concernée par les exclusions d’avril aurait retrouvé du travail.

Mais le tableau complet est très loin de ce que son affirmation sous-entend. Depuis janvier, près de 100.000 personnes ont perdu leur droit au chômage ou aux allocations d’insertion. Parmi elles, seulement 13,5 % avaient un emploi salarié le mois suivant, tandis que 44 %, ont basculé vers le revenu d’intégration du CPAS. Et les autres n’ont plus eu de revenu du tout.

À Bruxelles, le nombre de chômeurs indemnisés chute, mais le nombre de personnes sans emploi augmente : en mars, plus de 94.000 demandeurs d’emploi étaient inscrits chez Actiris, 4,7 % de plus qu’un an auparavant.

Et au total en Belgique le taux d’emploi n’augmente pas. Malgré les dizaines de milliers d’exclusions, il est resté à 72,8 % aux premier et deuxième trimestres 2026.

Supprimer les allocations ne crée pas mécaniquement des emplois, loin de là ! Cela transforme un chômeur indemnisé en bénéficiaire du CPAS, en travailleur précaire… ou simplement en personne sans revenu.

Et cet appauvrissement du monde du travail permet au patronat d’imposer des emplois avec des salaires plus faibles et des conditions de travail plus difficiles, ce qui impacte l’ensemble des travailleurs.