Donald Trump a accéléré sa chasse aux migrants. De véritables opérations commando ont été organisées, la police fédérale, masquée, en tenue militaire, roulant en blindés, venant arrêter des travailleurs sans-papiers sur leur lieu de travail.
À San Diego fin mai, puis à Los Angeles le 6 juin, étaient arrêtés des employés de restaurant, des employés d’un entrepôt de textiles et des ouvriers du bâtiment attendant sur les parkings des magasins de matériel de construction qu’un petit patron les embauche à la journée.
Des réseaux d’aide aux travailleurs immigrés se sont interposés, ont tenté d’arracher leurs camarades des griffes de la police fédérale et ont ensuite encerclé les locaux où ils étaient détenus. Des centaines de manifestants se sont joints à eux, affrontant des policiers brandissant des fusils d’assaut et tirant des gazs lacrymogènes.
Dans les jours qui ont suivi, des manifestations ont été organisées pour protester contre la politique d’extrême droite de Trump.
Les autorités ont fait appel à la police locale pour contenir les protestations, qualifiées de violentes, et arrêter des manifestants. Dans le centre de Los Angeles, un couvre-feu a été imposé. De nombreux policiers, à pied, en voiture ou à cheval, ont quadrillé la ville survolée par des hélicoptères.
Pour appuyer cette politique, des gardes nationaux et des marines ont été envoyés à Los Angeles par Trump. Ils protègent des bâtiments que personne ne menace, et servent surtout à renforcer la posture d’homme à poigne de Trump. Il a d’autant plus besoin de faire du bruit en mobilisant l’armée, qu’il tâche de faire passer beaucoup plus discrètement dans le budget des dispositions qui priveront 11 millions de pauvres de couverture médicale et d’accès à l’aide alimentaire.
Supportant mal le fait que ses prédécesseurs démocrates, Obama puis Biden, ont fait arrêter et renvoyer plus de sans-papiers que lui jusqu’à présent, Trump veut faire du chiffre en prétendant s’en prendre aux criminels étrangers. Or, il est plus facile d’arrêter un lycéen se rendant à un entraînement de volley et des ouvriers sur leur lieu de travail que de mettre derrière les barreaux de véritables gangsters dont le métier est de se cacher de la police.
Trump mène une politique de division des travailleurs qui, si elle peut gêner ponctuellement quelques petits patrons employant des sans-papiers, permet à bien d’autres de profiter de l’insécurité dans laquelle l’État plonge une partie de la classe ouvrière. Le patronat s’en sert pour tirer vers le bas les salaires, y compris ceux des travailleurs américains.
Ce ne sont pas les procédures judiciaires contestant la légalité douteuse des ordres et décrets de Trump – spécialité du Parti démocrate – qui l’empêchent de frapper des travailleurs. Mais les arrestations d’ouvriers sans-papiers à Los Angeles ont provoqué des manifestations de protestation dans plusieurs autres villes. Il est à espérer qu’elles seront une étape dans la prise de conscience du véritable contenu de la politique de Trump.
