Echos des bulletins d’entreprise : Chemins de fer

Sérial-exploiteurs

Les nouvelles séries du personnel roulant vont être appliquées. Des nouvelles prestations de nuit, des prestations avec plus de temps de roulage, … Voilà comment la direction s’y prend pour augmenter le nombre de trains sans personnel supplémentaire.

Si elle veut plus de trains, elle n’a qu’à embaucher.

La direction voit double

Le système TIM pour l’entretien des trains désorganise les ateliers et ne marche pas. Après des mois, la direction s’en est finalement aussi rendu compte… Elle nous a pondu un système qui n’a rien de nouveau : elle veut passer à deux équipes en journée. Mais au lieu d’embaucher une nouvelle équipe, elle veut diviser l’équipe actuelle en deux… Deux demi-équipes… une première étape avant de faire faire à une seule ce qui était avant fait par deux ?

Et il faudrait qu’on accepte ça ?!

Pourquoi a-t-on fait grève ?

Nous étions nombreux en grève les 24, 25 et 26 novembre pour montrer notre désaccord face aux mesures du gouvernement : le recul de la pension, les attaques contre le statut, … Moins de la moitié des trains ont roulé et beaucoup d’ateliers étaient à l’arrêt ou au ralenti.

Les conditions de vie et de travail de tous les travailleurs sont menacées par l’austérité et c’était ce que dénonçaient tous les travailleurs en grève !

Dénoncer ne suffit pas !

Voilà des dizaines d’années que les partis de droite comme ceux qui se disent de gauche votent réformes après réformes, mesures d’austérité après mesures d’austérité… Les conditions de vie et de travail reculent sans cesse ! Et les petits ajustements obtenus par les directions syndicales ne réussissent pas à empêcher le recul général des conditions de vie !

Et cela s’accélère ! Il faut trouver les moyens de s’y opposer, de défendre nos intérêts !

Voter à gauche est une impasse !

Ce serait refaire confiance à des ministres comme Di Rupo qui dit lui-même qu’il a imposé des mesures d’austérité entre 2011 et 2014… avec le soutien des directions syndicales !

La seule perspective des politiciens qui se disent de gauche est la même que celle des dirigeants syndicaux : négocier, une dégradation « moins pire » de nos conditions de vie et de travail.

Mais de « moins pire » en « moins pire », toutes les mesures finissent par s’appliquer et on n’évite pas le pire !

Pour se défendre, il faut faire tache d’huile !

C’est ce que les capitalistes et les politiciens craignent : que les travailleurs mobilisés deviennent de plus en plus nombreux, de plus en plus conscients de leurs intérêts communs et de leur force. En fait, les capitalistes craignent un mouvement de masse qui conteste leur pouvoir, conteste leur propriété sur les entreprises.

Tant que l’on reste une minorité, « bloquer l’économie », même trois jours, ne fait pas peur aux capitalistes, ils n’ont pas mal au portefeuille : ils sont milliardaires ! Et les profits qu’ils ne font pas aujourd’hui, ils savent qu’ils les feront demain…

Notre force c’est notre nombre !

Lors de la grève, aucun rassemblement général n’était prévu. La grève était organisée de sorte que chacun reste chez soi ou sur son piquet de grève ou, dans le meilleur des cas, à des rassemblements « par secteur ».

Pourtant, lors de la manifestation du 14 octobre, on s’était senti renforcés d’être rassemblés à plus de 100.000 de beaucoup de secteurs.

Alors pourquoi pas de rassemblement général ou de manifestation cette fois-ci ? Les directions syndicales craignent-elles que l’on se retrouve encore plus nombreux que le 14 octobre ? Et que cela donne des idées de luttes plus déterminées ?

Des mots d’ordre pour s’unir !

Des mots d’ordre qui vont au-delà des revendications sectorielles, et qui aident à s’unir entre travailleurs de tous les secteurs, du public comme du privé. Mais l’idée de « faire tomber le gouvernement » propagé par la direction de la FGTB wallonne, ne renforçait pas la lutte.

Avec l’annonce de l’accord sur le budget le matin du 1er jour de grève, il est devenu clair que le gouvernement ne tomberait pas… La désillusion a participé à propager le découragement. Et le gouvernement le savait !

Cela viendra des travailleurs eux-mêmes !

Un jeune syndicaliste de la FGTB affirmait, en parlant de la manière dont les 3 jours de grève ont été organisés : « C’est un plan qui fait partie des plus ambitieux parmi ceux que l’intersyndicale peut proposer. »

Ça montre bien les limites des directions syndicales.