Des soignants prennent la parole

Dans une carte blanche à l’initiative d’une infectiologue du CHU Saint-Pierre à Bruxelles, plus de 300 signataires, dont 150 soignants, dénoncent la décision du ministre de la Santé (Vooruit), qui a mis fin à la gratuité de certains médicaments d’importance vitale.

L’infectiologue explique : « […­] sans ces molécules, les patients risquent de voir leur maladie sérieusement se dégrader jusqu’à risquer leur vie. Sont inclus dans cette liste de la chimiothérapie, de l’insuline pour les diabétiques, le traitement contre la drépanocytose (une maladie génétique de l’hémoglobine), mais aussi des antirétroviraux utilisés pour contrôler l’infection au VIH, ainsi que les médicaments tuberculeux. »

« […] Les patients paient maintenant un ou deux euros par boîte de médicament or, ils en ont besoin de plus d’une. Pour la tuberculose, cela signifie huit euros par mois pendant six à douze mois. Pour le VIH, c’est deux à dix euros par mois à vie. Oui, c’est beaucoup quand le moindre euro compte et qu’à la fin du mois, il ne reste déjà plus rien pour manger. »

Cette mesure d’austérité du gouvernement pour faire les poches aux travailleurs conduira certains patients à arrêter leur traitement. Les travailleurs les plus pauvres, les personnes en incapacité de travail, les mamans solos précarisées ou les sans-abris auront encore moins accès aux soins de santé.

Le capitalisme fait de la santé une marchandise de luxe que seuls les riches ont les moyens de s’offrir, dans leurs hôpitaux privés.