Ce n’est pas notre dette

« Tout le monde en sentira les conséquences » : c’est ce qu’a déclaré Bart De Wever (N-VA) pour lancer le coup d’envoi de la préparation de l’opinion publique à l’austérité supplémentaire que prévoit encore d’imposer son gouvernement.

D’après De Wever, les mesures déjà votées (comme l’exclusion des chômeurs, la baisse des pensions et la contractualisation des fonctionnaires, les coupes budgétaires dans les services sociaux et les écoles, le saut d’index partiel ou encore la myriade de nouvelles taxes) n’ont pas suffi à réduire suffisamment le déficit de l’État et assouvir les capitalistes qui détiennent la dette publique. Aux 32 milliards d’austérité déjà annoncés, s’ajoutent maintenant 10 milliards d’euros supplémentaires, et De Wever prévient : c’est sur la population qu’il compte se servir !

Mais cette politique provoque du mécontentement. Comment pourrait-il en être autrement alors que les mesures d’austérité pleuvent sur la population, les dépenses militaires explosent (elles ont doublé en dix ans) et les subsides aux entreprises se comptent en dizaine de milliards ?

Alors De Wever doit effrayer, dramatiser, utiliser le spectre de « la dégradation de la note de la Belgique » et se retrancher derrière l’ « Europe », pour justifier sa politique. Tout est bon pour donner l’apparence d’une nécessité naturelle au déchainement de violence qui doit appauvrir toute la population, en commençant par plonger les plus pauvres dans la misère. Et pour préparer l’opinion publique, une armée de journalistes, d’économistes et de représentants des intérêts du patronat lui embraye le pas.

Le PS, quant à lui, profite d’être dans l’opposition pour se refaire une santé électorale. Lors du « Family Day » organisé par le PS à Durbuy, Magnette (PS) a déclaré que s’il était au pouvoir, il serait capable de dégager 15 à 20 milliards d’euros « sans toucher aux travailleurs ». On peut toujours rêver… mais qu’en serait-il des 20 milliards d’euros supplémentaires exigés par les capitalistes ?

Car les promesses de Magnette ne coûtent pas cher ! Il peut bien tenter de nous faire oublier qu’à chaque fois que le PS a été au gouvernement, il a appliqué les mesures d’austérité.  Entre 2011 et 2014, c’est le gouvernement Di Rupo qui a gelé les dépenses publiques, reculé l’âge des pensions, durci l’accès aux allocations de chômage et ainsi expulsé des dizaines de milliers de chômeurs vers les CPAS. Oui, Magnette et le PS sont, eux aussi, partisans que la population se serre la ceinture !

Des milliards de cadeaux aux capitalistes

La dette de l’État est creusée par toutes les subventions, exonérations d’impôt, compensations de chômage Covid, commande de l’État inutiles, dépense militaire, etc.

Et cette dette est d’autant moins la dette des travailleurs, ni celle de la petite bourgeoisie : elle est détenue dans son énorme majorité par des institutions financières et des capitalistes, dont la plus grande part ne sont pas situées en Belgique ! Près de 65% des « OLO » (le nom des principales obligations de l’État fédéral) sont ainsi détenus par des capitalistes étrangers.

Et c’est à ces capitalistes, qu’ils soient belges ou étrangers, que tous les gouvernements, de droite comme de gauche, rendent des comptes. Au travers de la dette, les capitalistes imposent leur politique à l’État.  C’est pourquoi autant De Wever que Magnette acceptent la nécessité de l’austérité : car l’un comme l’autre se soumettent au pouvoir des capitalistes.

Ainsi, le torrent d’austérité qui frappe la Belgique n’est pas le résultat des élections, mais des décisions des milliardaires qui possèdent et contrôlent les grandes entreprises financières et les entreprises nationales et multinationales.

C’est pour cela que l’austérité est en train de pleuvoir partout, en Belgique comme à l’international : les mêmes intérêts sont à l’œuvre dans tous les pays, et partout les capitalistes exigent que les salaires et les dépenses sociales baissent au profit des cadeaux aux entreprises et de l’augmentation des budgets militaires !

Alors pour défendre nos conditions de vies et de travail, nos salaires, nos pensions, nos écoles et nos hôpitaux, voter ne suffira pas, il faudra aller jusqu’à exproprier les capitalistes et leur arracher le pouvoir !