Budget : grand numéro de chantage à la dette

Editorial des bulletins d’entreprises du 15 septembre 2026

Quand on rate sa carrière d’acteur, il reste toujours une place… au gouvernement. La rentrée à peine entamée, les tirades reprennent de plus belle. Objectif : faire passer pour une « nécessité » d’aller chercher 10 milliards dans les poches des travailleurs, en plus des 32 milliards déjà prévus.

Bart De Wever (N-VA) ressert son couplet habituel : « tout le monde en sentira les conséquences ». Faux. Ceux qu’ils veulent faire payer ce sont  les travailleurs, allocataires, pensionnés. Réduire le déficit en réduisant les dépenses militaires ou les cadeaux fiscaux aux entreprises ? Hors du débat.

Quant à la taxe sur les plus-values, censée faire « contribuer les épaules les plus larges »,  elle ne touchera pas ou à peine les multimillionnaires et les milliardaires … alors que l’État verse plus de 12 milliards aux riches par an rien que sous forme d’intérêts de la dette !

Voilà la réalité : les travailleurs paient et les capitalistes profitent. Chaque parti du gouvernement ment à sa manière pour tenter de faire accepter aux travailleurs de nouveaux sacrifices.

N-VA, MR et CD&V font croire que le patronat est au bord du gouffre et qu’à l’inverse l’argent déborde dans les services publics.

Bouchez (MR) trouverait 17 milliards « sans nouvelle taxe », en coupant les services publics et « les petites gares ». Mahdi (CD&V) « avalerait une ampoule entière » plutôt que de toucher aux voitures de société.

Leur souci n’est pas d’épargner des taxes aux travailleurs : c’est de préserver le grand patronat, dont ils reprennent jusqu’au goût pour l’exagération grotesque, imitant le patron des patrons Pieter Timmermans (FEB), selon qui « la seule chose qu’on ne taxe pas encore en Belgique, c’est l’air qu’on respire ».

Les Engagés et Vooruit jouent la carte du « tout le monde doit contribuer ». Prévôt (Les Engagés) assure que « rien ne justifie qu’un euro issu du travail soit plus taxé qu’un euro gagné à la bourse » ; Rousseau (Vooruit), que « les gens ordinaires paient trop parce qu’un petit groupe paie trop peu »… mais il tient à rester dans le gouvernement flamand. Même le milliardaire Roland Duchâtelet déclare que « beaucoup de personnes riches seraient d’accord de payer plus si la gestion de l’État était convenable ». Le principe est facile à énoncer. Son application, il n’en a jamais été question !

Dans l’opposition, le PS tente de se refaire une santé électorale en critiquant l’Arizona… tout en rappelant au patronat qu’il sait lui rendre service. Di Rupo (PS) se targue d’avoir trouvé 11 milliards entre 2011 et 2014 via « un tiers de rentrée […], un tiers de maîtrise et un tiers de modification technique ». Drôle de résumé de sa politique qui a consisté à geler les dépenses publiques, reculer l’âge des pensions, durcir l’accès aux allocations de chômage, etc.

En réalité, tant qu’une poignée de milliardaires possèdent et contrôlent les grandes entreprises, tous les partis au pouvoir leur servent la soupe. Et avec la crise, cela veut dire plus d’austérité, car les capitalistes exigent que les salaires et les dépenses sociales baissent au profit des cadeaux aux entreprises et de l’augmentation des budgets militaires.

Cette politique d’austérité, comme les guerres, sont la conséquence d’une crise économique de plus en plus profonde.

Au Moyen-Orient, le conflit a repris et la guerre au Yémen menace désormais de bloquer le détroit de Bab-el-Mandeb.

Les distributeurs de pétrole et de gaz en profitent pour spéculer à la hausse sur les prix de l’énergie et les travailleurs se retrouvent pris en étau entre les politiques d’austérité, les licenciements et des prix toujours plus élevés.

Tout cela est un terreau pour l’extrême droite, qui gagne du terrain partout.

En Allemagne, le parti d’extrême droite AfD a obtenu 44% lors des élections dans le land de Saxe-Anhalt, une région où les grands groupes industriels ont multiplié les annonces choc de fermetures d’usines et de licenciements par dizaines de milliers.

L’extrême-droite, comme le Vlaams Belang en Belgique, surfe sur la colère légitime des travailleurs mais n’a rien à leur offrir si ce n’est davantage de division entre belges et immigrés, flamands et wallons, au grand bonheur des capitalistes.

Le PTB affirme de son côté qu’il faut faire payer les riches, critique les dépenses d’armement et les cadeaux aux entreprises. Mais comment y arriver ? Or, et d’autant plus en période de crise, aucune alliance gouvernementale même « à gauche » ne peut épargner les travailleurs sans s’opposer frontalement aux capitalistes.

Non : l’austérité, la crise, le racisme qui monte ne sont pas une fatalité. Mais pour s’y opposer, il faudra que la classe ouvrière défende ses intérêts et finisse par renverser ce capitalisme pourrissant.