Un accord a été signé entre certaines directions syndicales et la direction de Bpost. Il vient après trois semaines de grève des travailleurs de Bpost, qui s’opposaient à une restructuration menaçant de décaler les horaires et d’augmenter la charge de travail.
Mais cet accord est une véritable trahison des revendications de la grève ! Il ne répond nullement aux revendications des travailleurs, et vient au contraire confirmer les horaires décalés que la direction cherche à imposer et contre lesquels protestaient les grévistes ! Les tournées commenceraient ainsi 1h45 plus tard, ce qui veut dire se retrouver en plein trafic, et donc rallonger la journée de travail, en plus de devoir terminer plus tard.
La direction tente de faire passer ses mesures par tous les moyens, ici en s’appuyant sur certaines directions syndicales à leur botte. Mais il n’est pas dit que ces attaques passeront comme une lettre à la poste. Le jour même de l’annonce, des travailleurs sont entrés en grève pour protester, notamment à Liège et à Seraing.
Pour gagner, ce mouvement aurait besoin de s’étendre et de se renforcer en rejoignant d’autres travailleurs, comme les profs ou les cheminots !
Les affaires louches de la direction
La direction prétend que les réorganisations sont nécessaires face à la baisse du courrier, que Bpost ne serait pas rentable sans cela. Mais c’est un mensonge ! La raison pour laquelle Bpost montre un déficit comptable ces dernières années ne vient pas de la baisse du courrier, en partie compensé par l’augmentation des colis, mais des investissements suspects de la direction.
En 2017, Bpost rachetait Radial, une entreprise de logistique américaine, pour 830 millions d’euros, qui devient Paxon. Mais cette entreprise valait en réalité bien moins que cela, et, en 2024, Bpost réévalue Paxon à 300 millions de moins que lors du rachat…
Est-ce que les dirigeants de Bpost ont obtenu des dessous de table pour racheter une entreprise bien au-dessus de son prix réel ? Ou ont-ils simplement mal évalué l’entreprise ? Quoi qu’il en soit, depuis, Bpost est officiellement en perte et utilise ce prétexte pour augmenter la pression sur les travailleurs ! Mais ce n’est pas aux travailleurs de payer !
