Bolivie : la population se mobilise contre l’austérité

En Bolivie, en à peine six mois, le nouveau président Rodrigo Paz a réussi à mobiliser contre lui des centaines de milliers de travailleurs. Celui-ci avait été élu suite au discrédit de la gauche. Celle-ci avait refusé de s’en prendre aux grands patrons du pays et avait plongé dans la corruption, rendant caduques ses propres mesures sociales.

À peine arrivé au pouvoir, Rodrigo Paz montrait son vrai visage, celui de serviteur zélé de l’impérialisme américain. Il s’est attaqué durement aux classes populaires. Il a réduit de 30% les dépenses publiques, a supprimé les subventions sur le carburant, a annulé les dettes de coopératives minières auprès de la caisse nationale de santé, mettant en danger la sécurité sociale de milliers de travailleurs, il a supprimé les impôts sur les grandes fortunes, et a tenté de vendre les réserves de lithium et de gaz aux investisseurs étrangers. Il s’est également attaqué aux petits paysans en modifiant la loi qui protégeait les petites propriétés.

Les mesures de Paz lui ont aussitôt apporté le soutien des représentants de l’impérialisme occidental. La notation financière de la Bolivie est remontée, le FMI est en train d’accorder au gouvernement un emprunt de 3 milliards de dollars, et les relations avec les États-Unis se sont largement améliorées. Mais les attaques ont fini par provoquer la colère de la population.

 A l’occasion du 1er mai, jour de lutte internationale des travailleurs, les syndicats ont appelé à la mobilisation. Les ouvriers des mines, un secteur nombreux et combatif en Bolivie, étaient parmi les premiers mobilisés contre l’austérité du gouvernement, pour la défense des entreprises publiques, et pour de meilleurs salaires. Ils ont bientôt été rejoints par des paysans et d’autres catégories de travailleurs.

Voyant que la mobilisation ne faiblissait pas, les manifestants ont organisé le blocage de la capitale, et appelé à une mobilisation massive jusqu’à la démission du gouvernement. Malgré la répression, qui a fait 4 morts et des dizaines d’arrestations, le mouvement s’est renforcé. Les mesures symboliques du gouvernement, qui a divisé par deux le salaire du président et de ses ministres, n’y ont rien fait.

Face aux mobilisations, le parlement a voté la facilitation de la mise en place de l’état d’urgence, qui permet au président de déployer plus facilement l’armée contre la population. Le gouvernement en place reste inconditionnellement soutenu par les États-Unis, et le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré : « nous n’accepterons pas que des criminels et des trafiquants de drogue renversent des dirigeants élus dans notre hémisphère ». 

C’est un message clair à la population bolivienne : les États-Unis protègeront leurs intérêts dans la région à n’importe quel prix. Les agressions militaires de Trump au Vénézuela ou en Iran permettent de se rendre compte de la violence que la bourgeoisie américaine est prête à imposer pour maintenir sa domination.

Face à une telle menace, la seule force capable de mettre fin à l’exploitation et l’oppression de l’impérialisme américain et de ses relais boliviens, ce sont les travailleurs, en s’unissant par-delà les frontières et les continents !