Barbarie coloniale en Cisjordanie

Le 23 juillet, au lever du jour, des colons israéliens, la plupart membres de groupes juifs ultra-nationalistes, ont déferlé sur des champs de blé entourant un village du sud de la Cisjordanie, pour y mettre le feu et brûler les récoltes. Des véhicules blindés de l’armée israélienne sont venus se positionner entre les Palestiniens et les flammes pour bloquer la route et tenir en joue les habitants.

À l’ouest du pays, dans la ville de Jalud, des colons assiègent une maison sous les yeux de l’armée israélienne. Une famille palestinienne y est prisonnière, sans apport de vivres depuis deux semaines, entourée par deux avant-postes de colons qui interdisent toute allée et venue.

Et ce ne sont que deux exemples parmi beaucoup d’autres exactions. Raids, fusillades, incendies de maisons, de villages, voitures, récoltes… le quotidien des Palestiniens de Cisjordanie est rendu insupportable. Depuis le 7 octobre 2023, plus d’un millier ont été tués et des milliers ont été expulsés de leur maison et de leur terre.

Le gouvernement israélien ne cache même pas ses projets d’annexion. Et son objectif n’est rien de moins que l’expulsion des habitants palestiniens, l’expansion des colonies israéliennes juives et l’achèvement de l’annexion. Les colons nationalistes, souvent eux-mêmes membres de l’armée, sont protégés par le haut commandement militaire et l’État israélien, qui leur fournit d’ailleurs les armes. Des manifestations de nationalistes israéliens revendiquent aussi la réimplantation de colonies juives dans la bande de Gaza.

Protestation parmi la population israélienne

Début juillet, un millier de personnes environ se sont rassemblées à Tel-Aviv contre le gouvernement de Netanyahou pour critiquer sa politique de guerre à Gaza et condamner l’occupation israélienne en Cisjordanie et les violences des colons. Des manifestations similaires ont aussi eu lieu dans d’autres villes comme à Haïfa ou Jérusalem, avec des centaines de participants. Une opposition existe en Israël et bien que minoritaire aujourd’hui, c’est elle qui peut ouvrir un autre avenir dans la région, si elle trouve le chemin de la révolte contre le pouvoir en place, et fondamentalement contre le capitalisme.