Bab el-Mandeb : la guerre s’étend

Les 10 et 11 septembre, les Houthis se sont emparés du port de Mokha, sur la mer Rouge, puis de l’île de Mayyun, située en plein cœur du détroit de Bab el-Mandeb. Ils contrôlent désormais des positions permettant de menacer l’une des principales voies maritimes reliant l’Asie à l’Europe par le canal de Suez.

Ce détroit est d’autant plus stratégique que la guerre entre les États-Unis et l’Iran a déjà fortement perturbé le passage par Ormuz. Bab el-Mandeb était justement devenu une voie essentielle pour contourner ces perturbations.

Désormais, les deux grandes routes maritimes situées de chaque côté de la péninsule arabique sont prises dans la même escalade militaire.

Et ce nouveau front ne tombe pas du ciel. Ces derniers mois, les affrontements se sont multipliés bien au-delà des frontières iraniennes. Fin juillet, l’Iran accusait l’Ukraine d’avoir frappé l’un de ses navires en mer Caspienne. Dans le même temps, des frappes touchaient des intérêts américains en Égypte, un avion de chasse italien sur une base militaire en Arabie saoudite, tandis que missiles iraniens, bombardements américains et saoudiens et attaques de groupes alliés de Téhéran se répondaient à travers la région.

Aujourd’hui, la guerre au Yémen ajoute encore un territoire à cette chaîne de confrontations.

Dans la région, les populations paient la guerre par les morts, les bombardements et l’exil, tandis qu’ailleurs, les travailleurs paient à travers la hausse du prix de l’énergie et des marchandises.

Chaque nouveau front, chaque nouvelle attaque et chaque nouvel armement préparent les conditions de l’escalade suivante, menaçant de généraliser encore davantage la guerre.