Le gouvernement profite des vacances pour imposer un nouveau recul aux travailleurs : l’annualisation du temps de travail. Selon ce projet de loi, la durée légale du travail ne serait plus calculée sur une semaine (38h) ou sur un mois (165h) mais sur un an.
De quoi permettre aux patrons d’imposer des journées de 12 heures et des semaines de 48 heures lors des pics d’activités, compensées en théorie par des périodes de récupération. Le ministre du Travail, Clarinval (MR), explique que cela permettra aux travailleurs de concilier vie professionnelle et personnelle. C’est se moquer du monde.
Qui va s’occuper des enfants si la journée dure 12 heures pendant plusieurs semaines, voire durant les congés scolaires ? C’est exactement ce qui attend les travailleurs du commerce, mais aussi de la logistique, de la production, etc.
« Les employeurs ne pourront pas contraindre les travailleurs » comme le prétend Clarinval ? Mais qui peut dire « non » individuellement à son patron, à son chef ?
Lois anti-ouvrières
L’annualisation du temps de travail s’ajoute aux autres mesures du gouvernement De Wever – Clarinval : augmentation des quotas d’heures supplémentaires à 360 heures par an (450 heures dans l’horeca), autorisation généralisée du travail de nuit, généralisation des flexi-jobs à l’ensemble des secteurs, exclusion de centaines de milliers de chômeurs obligés d’accepter n’importe quelles conditions pour survivre…
Ensemble, ces mesures libèrent la créativité patronale pour pressurer les travailleurs en piétinant la vie de famille, les conditions de travail et en tirant les salaires vers le bas, pour enrichir toujours plus le patronat et les actionnaires.
Comment se défendre ?
Le PS, le PTB et les syndicats critiquent l’annualisation du temps de travail surtout au nom de la disparition du sursalaire des heures supplémentaires dont ils chiffrent le coût à 1.500 euros par an par travailleurs.
Les syndicats demandent au gouvernement de résoudre le problème du pouvoir d’achat en les autorisant à négocier des augmentations de salaires avec les patrons, plutôt que des augmentations inférieures à 1 % décidées par le gouvernement comme actuellement.
Mais pourquoi les gouvernements écouteraient les syndicats plutôt que les patrons, alors que ce sont les patrons qui sont les plus forts dans la période actuelle ? Demander, supplier, c’est inutile et démoralisant.
Pour maintenir voire augmenter les profits malgré des ventes limitées par la diminution du pouvoir d’achat des classes populaires, les patrons veulent augmenter l’exploitation. Des journées plus longues et plus intensives pour les uns, le chômage pour les autres : c’est la base de l’économie capitaliste. Il n’y a pas d’intérêts communs entre les travailleurs et les patrons, il faut que les travailleurs en soient conscients pour s’organiser et se défendre collectivement.
