À chacun son bouc émissaire

Les ministres fédéraux cherchent à imposer dix milliards d’euros d’austérité supplémentaires à la population. Soi-disant pour « combler le déficit budgétaire ». En réalité, il s’agit de financer les milliards d’euros de cadeaux aux patrons, les investissements militaires et le remboursement de la dette aux banques et aux fonds d’investissement.

Ces mesures vont toucher durement la population. Alors, pour détourner la colère, les politiciens cherchent des boucs émissaires.

Le MR fait dans la démagogie raciste la plus crasse. Georges-Louis Bouchez est allé se promener dans les quartiers autour de la gare du Nord, là où la misère, le trafic de drogue, la prostitution et les violences de gangs sont particulièrement présents, et où les habitants sont largement abandonnés à eux-mêmes.

Et il désigne les migrants sans papiers comme responsables des problèmes du quartier. C’est particulièrement odieux dans un contexte où l’État contraint des milliers de sans-papiers à vivre à la rue, tout en leur refusant la possibilité de travailler légalement.

Pour Sammy Mahdi (CD&V), il faut s’en prendre aux chômeurs. Alors que des milliers de personnes vont déjà perdre leurs allocations avec la limitation du chômage dans le temps, il propose maintenant d’arrêter d’indexer les allocations de chômage.

Bart De Wever, lui, souhaite « une nouvelle réforme institutionnelle ». Entendez : aggraver l’austérité dans les Communautés et Régions et rejeter la responsabilité de la « mauvaise gestion » sur les francophones.

Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) impose de son côté des mesures toujours plus dures aux malades de longue durée.

Les contrôles et les sanctions se multiplient, les certificats médicaux des médecins traitants peuvent être remis en cause par le médecin-conseil, et l’État cherche à réduire le nombre d’arrêts maladie prescrits par les médecins. Tout cela alors que les délais pour consulter certains spécialistes peuvent durer plusieurs mois.

L’objectif est de pousser davantage de malades à accepter n’importe quel emploi mal payé ou à les  plonger dans  la misère en les excluant de toute aide sociale.

Mais ce ne sont ni les immigrés, ni les chômeurs, ni les Francophones ou les Flamands, ni les malades de longue durée qui sont responsables de la crise.

Les capitalistes et les gouvernements à leur service cherchent à diviser les travailleurs et toute la population pour masquer leurs propres responsabilités.