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Selon que vous êtes riches ou pauvres

Le conseil communal d’Anvers applaudit des deux mains le plan d’investissements de la famille milliardaire saoudienne Al Issa dans le port d’Anvers où l’entreprise saoudienne ERS envisage la construction d’une usine de traitement de déchets chimiques à quelque 3 milliards d’euros.

Pourtant l’un des financiers de ce consortium est le Saoudien Saleh Kamel, qui d’après la FBI, est un important financier d’Al Qaïda.

Mais qu’à cela ne tienne, le gouvernement d’Anvers envisage d’accorder la concession cette semaine. Rien n’a pourtant changé à part que le nom de Saleh Kamel a été biffé de tous les contrats, ce qui ne l’empêchera pas d’encaisser sa part des bénéfices.

Pendant que N-VA et CD&V ouvrent les bras aux financiers du terrorisme mondial à Anvers, les mêmes réclament qu’on ferme des frontières européennes aux réfugiés.




Comme à Anvers ?

Dans la foulée des attentats à Paris et des arrestations en Belgique, le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA) a annoncé sur un ton viril qu’il allait s’occuper « personnellement » de Molenbeek, stigmatisant au passage les habitants de cette commune bruxelloise pauvre qui, selon lui, est trop souvent cité dans des affaires de terrorisme.

Selon lui, il n’y a plus de problème (de radicalisation de jeunes) dans les autres centres urbains, et de citer comme exemple de « réussite » la ville d’Anvers où son chef de parti Bart De Wever est bourgmestre.

Anvers ? C’est là où une fillette de 14 ans d’origine syrienne a récemment été conduite à l’hôpital après avoir reçu une balle soi-disant « less lethal» (moins mortelle) d’une arme « anti riot » (contre les émeutes). C’est pour renforcer la police et équiper sa nouvelle section anti-terroriste de ces armes que De Wever, avec l’appui du Vlaams Belang, a su trouver 310 millions d’euros dans les caisses de sa ville pourtant « obligée » de licencier du personnel dans les associations sociales et culturelles.

L’institution pour jeunes en difficultés où l’adolescente était hébergée avait appelé la police locale lors d’une crise violente où cette adolescente visiblement en détresse psychologique s’était surtout blessée elle-même. C’est alors qu’ils ont vu débarquer la nouvelle force d’intervention rapide, la section anti-terroriste hyper-équipée créée par De Wever au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, qui a « neutralisé » l’adolescente.

Début octobre, la même force d’intervention a fait évacuer tout un immeuble de la banque ING suite à un tweet humoristique d’un stagiaire qui contenait l’expression « allah u akbar ».

Quand les forces armées dressées pour voir un terroriste en herbe dans chaque jeune issu d’un quartier populaire et immigré auront fait un premier mort innocent à Molenbeek et provoqué des émeutes, ils feront quoi ? Construire un mur tout autour du quartier ? De tels ghettos ont déjà existé…

Il ne faut pas les laisser faire. Le terrorisme est un non-sens qui a pour résultat de renforcer la police et les gouvernements les plus anti-populaires, plutôt que les affaiblir. Mais les jeunes des quartiers populaires ont toutes les raisons de se révolter contre ce système qui les condamne au chômage et aux contrôles policiers incessant. C’est le mouvement ouvrier avec ses luttes collectives contre la misère et le chômage, qui peut éviter aux jeunes de tomber dans les filets des mouvances réactionnaires, terroristes et barbares.




Se souvenir du socialisme

Lors des débats sur le budget à la Chambre, les députés N-VA ont, comme à leur habitude, chargé les partis socialistes, responsables selon eux de tous les maux. La députée N-VA Sarah Smeyers a même parlé du socialisme comme d’une « maladie qui dure depuis 200 ans ».

En réalité, au-delà du PS et du SP.a, toujours prêts à satisfaire les patrons et qui ont même réalisé la réforme de l’État souhaitée par le patronat, ce sont les travailleurs qui sont visés. Les travailleurs qui n’acceptent pas les bas salaires, les pensions de misère, les conditions de travail inhumaines imposées par la classe capitaliste… et pire encore, les travailleurs qui osent remettre en question ce système injuste, inefficace et nuisible à l’humanité.

Car c’était cela, la perspective des socialistes à l’époque invoquée par la députée. Une perspective à laquelle les Di Rupo et consorts ont tourné le dos depuis longtemps, mais qui revient à l’ordre du jour avec la crise et fait toujours peur aux serviteurs patronaux !