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BPost : la corde est cassée

90% des postiers ont suivi l’appel à la grève des syndicats. Et même quand les syndicats ne soutenaient plus la grève, les piquets ont pourtant repris à plusieurs endroits du pays.

Cet été, le patron de BPost, Koen Van Gerven, avait dit « nous sommes arrivés au bout de notre modèle ». Après avoir pressuré les postiers pour les faire suer des profits pour les actionnaires, il annonçait désormais des réductions de service comme la distribution journalière du courrier.

Les postiers ne sont pas seulement au bout du modèle, mais n’en peuvent plus d’une charge de travail intenable.

Et ils ont raison de ne pas vouloir abandonner leur grève au moment où la direction commence à faire les premières concessions ! Alors ce mouvement pose à nouveau la question du contrôle de leur mouvement par les grévistes. Afin de pouvoir décider eux-mêmes de la continuation ou non de leur grève, même quand les directions syndicales n’en veulent plus.




BPost : les actionnaires veulent le paquet

Jeudi, 22 octobre, les postiers des centres de tris de BPost à Anvers et Charleroi ont déclenché une grève qui a duré plusieurs jours. Et il y a de quoi. Le plan de la direction prévoit entre autres de travailler 2 heures de plus par semaine pour le même salaire et de remplacer les primes de week-end par une prime annuelle de 240 € payable en écochèques !

Le prétexte pour ces nouvelles attaques contre les salaires et les conditions de travail des postiers est de rester « compétitif ». Mais cette compétitivité n’a pas empêché la direction de BPost en mai de cette année de distribuer 252 millions d’euros de dividendes à ses actionnaires, en hausse de 11%.




Amnésique ? Schizophrène ? Aveugle ? Mythomane ? Ou juste un politicien ?

Le Président du PS, Elio Di Rupo, se dit opposé à la poursuite de la privatisation de Proximus (ex-Belgacom) et Bpost où l’Etat tient encore 51% des actions, car « c’est soumettre ces entreprises publiques à la recherche du profit à tout prix. Je suis aussi inquiet pour l’emploi dans ces entreprises, la qualité des services et leur accessibilité à tous ».

Comme par exemple les dizaines de milliers d’emplois supprimés dans ces entreprises, les contrats de facteurs low-cost à 9 € de l’heure pour 3 heures par jour, les bureaux de poste vendus et fermés dans tout le pays pour enrichir l’actionnaire privé CVC Partners d’un milliard d’euros, ou encore les rémunérations annuelles de Johnnys Thijs, patron de BPost, de Didier Bellens, celui de Belgacom, de plusieurs millions d’euros ?

Tout cela existe déjà. Mais qu’à cela ne tienne ! L’« inquiétude » de l’ex-premier ministre va de pair avec un sérieux accès d’amnésie : le ministre des communications qui a privatisé Belgacom en 1995 et La Poste en 1999 s’appelait Elio Di Rupo…