Crime organisé dans l’industrie pharmaceutique

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Le nombre de médicaments en pénurie ne cesse d’augmenter. En France, 2 500 molécules sont en rupture d’approvisionnement, pour 89 il y a 10 ans. Et un patient sur quatre a été confronté à ce problème. Il s’agit de médicaments parfois vitaux comme les antiviraux et les anticancéreux. 

Les firmes pharmaceutiques arrêtent la production des médicaments jugés financièrement peu rentables, malgré une marge bénéficiaire de 10 % et peu importe si des patients en mourront. Dans l’économie capitaliste, rien n’oblige une entreprise à produire un médicament utile à l’humanité ! La seule logique est celle du profit.

Et les firmes pharmaceutiques ne reculent devant aucune méthode – pressions, chantage et racket – pour obtenir les marges très élevées comme l’a montré le reportage « Malades sans ordonnances ? » de la RTBF.

On y apprend que le laboratoire Aspen Pharma a par exemple créé une pénurie artificielle de plusieurs anticancéreux afin d’obliger vingt-cinq États à payer le prix exigé. Cette rupture d’approvisionnement a mis la vie des patients en danger. La pénurie a cessé dès que les gouvernements ont cédé.

Cela a permis à Aspen Pharma d’engranger des marges bénéficiaires de 70 à 80 % du jamais vu pour des molécules anciennes qui ne sont plus soumises à un brevet. 

Le prix de l’Alkeran a ainsi augmenté de 1 366 % en Italie, de 1 500 % en France et même de 6 400 % en Belgique, la boîte de comprimés passant de 1 à 65 euros. Ceci montre le cynisme des capitalistes.

Alors que l’on pourrait produire les médicaments nécessaires à un prix faible, la propriété privée des moyens de production permet à une poignée de capitalistes d’imposer leurs choix en fonction de leurs seuls intérêts.