Bernard Tapie, pas de quoi pleurer

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Les hommages plus sirupeux les uns que les autres se sont succédé à la suite du décès de l’homme d’affaires Bernard Tapie, ministre de la Ville sous François Mitterrand, dirigeant de l’Olympique de Marseille et comédien professionnel, dans tous les sens du terme et escroc patenté, condamné pour achat de matchs de foot.

Que l’on en juge ! Bernard Tapie s’était fait une spécialité de reprendre des entreprises en difficulté avec la bénédiction des tribunaux du commerce et des élus locaux. Il faisait miroiter un sauvetage alors qu’il n’allait pas investir un seul franc mais se contentait de les dépecer, licenciant au passage un maximum de travailleurs, avant de de revendre l’affaire avec bénéfices quelques temps plus tard. Une opération qu’il a répétée dans les usines Wonder, Look, Testut, Terraillon et Adidas.

En Belgique, les anciens travailleurs de l’usine de raquettes Donnay à Couvin et leurs familles n’ont certainement pas oublié son passage. En 1988, il rachète 51% des parts de l’usine. Les deux autres actionnaires sont Albert Frère et la Région wallonne. Il ne garde que 120 des 550 travailleurs. En 1991, après avoir tenté de revendre l’entreprise trois fois son prix d’achat à la Région wallonne, il trouve un acquéreur auprès du groupe italien Carbon Valley qui fermera l’usine en 1993.