Chine : la bulle immobilière menace d’exploser

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Depuis plusieurs semaines, les difficultés de Evergrande, l’un des plus gros promoteurs immobiliers chinois, font tanguer les marchés financiers de la planète.

Evergrande, qui emploie directement 200 000 personnes mais dont dépendent plus de 3 millions de travailleurs, s’est développé avec la bulle immobilière chinoise de ces vingt dernières années. C’est en empruntant qu’il lançait ses programmes immobiliers et c’est en vendant les appartements avant qu’ils ne soient achevés qu’il payait les programmes précédents, l’argent des acquéreurs couvrant les dépenses et les emprunts passés.

Tout cela a fonctionné tant que le marché était en développement et que les prix montaient. Ainsi, les prix de l’immobilier dans les villes de la côte Est, où l’on trouve les meilleurs salaires, ont doublé sur les dix dernières années, faisant des logements eux-mêmes un objet de spéculation.

La spéculation immobilière n’a pas fait la fortune que de capitalistes chinois. Après la crise de 2009 et le plan de relance massif de l’État, nombre d’entreprises occidentales se sont tournées vers ce qui était présenté comme le nouvel eldorado, y implantant des succursales, fournissant le secteur en matières premières. Mais la bulle immobilière a conduit la dette des promoteurs vers des sommets : 851 milliards d’euros pour les quatre premiers, dont 260 pour le seul Evergrande, l’équivalent de la dette d’un pays comme le Portugal. 

La croissance chinoise de ces dernières décennies est assise sur une montagne de dettes. Devant la menace de son effondrement, les capitalistes chinois comme les occidentaux qui y ont investi, comptent bien que l’État interviendra et sauvera tout ou partie de leur mise dans Evergrande.

Mais si son patron, un des plus riches de Chine, a pu quitter le navire en perdition en août, ni les millions de travailleurs qui en dépendent, ni ceux qui y ont investi leurs économies ne peuvent en faire autant. 1,2 million de personnes attendent d’Evergrande la livraison d’un logement en partie déjà payé. Cela explique la colère qui s’est exprimée lors de manifestations devant les locaux de l’entreprise aux cris de « Rendez-nous notre argent ».

LO France