Contre le fléau du chômage : interdiction des licenciements !

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Le service public fédéral compte 44.360 suppressions d’emplois dans le cadre de licenciements collectifs depuis 2010.

C’est comme si la commune de Dendermonde, avec tous ses habitants, avait été rayée de la carte. Et c’est sans compter les milliers de licenciements dans des petites entreprises qui n’étaient pas déclarés comme « licenciements collectifs », mais se sont faits individuellement ou à la suite de la faillite d’une boulangerie, d’un petit magasin de quartier, ou sous des prétextes divers…. Ni les dizaines de milliers d’intérimaires qui n’ont pas retrouvé de nouveau contrat. Ni les travailleurs de la fonction publique partis à la pension et dont les postes ont été rayés. Ni les licenciements en cours ou prévus dans les communes qui s’apprêtent à faire payer les sauvetages des banques aux aides familiales, aux travailleurs sociaux, à des milliers de travailleurs utiles à tous !

C’est une véritable hémorragie.

Pour les travailleurs qui perdent leur emploi, c’est la catastrophe. Car la vie d’un travailleur, d’une travailleuse, la vie des leurs tient à leur salaire.

Mais ce n’est pas seulement les travailleurs directement concernés qui subissent le fléau du chômage. Comme dans le cas d’une hémorragie, ce n’est pas seulement le membre blessé qui la subit, c’est tout le corps qui s’en trouve affaibli.

Le patronat profite de la détresse des travailleurs qui ont besoin d’un emploi pour exiger toujours plus de travail pour toujours moins de salaire de ceux qui ont encore un travail. A chaque restructuration, les patrons en profitent pour baisser les salaires de 15-20% de ceux qui restent, comme chez AGC Roux en ce moment, comme chez Duferco/NMLK ou encore Durobor. Et quand des dizaines de candidats postulent pour un seul job, les patrons peuvent faire jouer la concurrence entre travailleurs pour leur imposer des conditions toujours plus défavorables.

Et le chômage pèse lourd sur toute la société. D’où vient la violence dans les quartiers, dont les médias et démagogues de tout poil font leurs choux gras ? Elle vient en grande partie de cette hémorragie d’emplois, elle vient de la guerre de classe que la classe capitaliste mène aux travailleurs pour maintenir ses profits !

Il ne faut pas laisser le chômage ronger nos forces vitales.

Les travailleurs qui se battent pour leur emploi et leur salaire, se battent pour leur vie. Et leur lutte est toujours celle de tous les travailleurs. Mais ce n’est pas isolés les uns des autres, le dos au mur, c’est ensemble que les travailleurs peuvent faire reculer le patronat et le gouvernement. Sauver la sidérurgie à Liège, sauver l’automobile à Genk ? Chacun de son côté ? Pour que quelques travailleurs seulement gardent un emploi, avec des salaires au rabais ? Le problème est de sauver le travail de tous les travailleurs qui n’ont que leur salaire pour vivre ! Et cela ne peut se faire que par une mobilisation, une conscience et une lutte collective.

Il faut imposer l’interdiction des licenciements ! La production baisse ? Qu’on répartisse le travail entre tous, sans perte de salaire ! Les actionnaires des entreprises comme ArcelorMittal, Ford, Caterpillar, Duferco, AGC, Solvay, les banques… ont les moyens pour le faire. Ils ne doivent pas avoir le droit de licencier !

Mais aussi dans les entreprises plus petites, est-ce que les licenciements sont vraiment la seule solution ? Les patrons le prétendent toujours. Mais les travailleurs doivent pouvoir le vérifier. Derrière combien de « petites » entreprises, on découvrira alors des grands groupes et holdings qui se sont enrichis. Ou encore des banques auxquelles le patron doit payer des intérêts qui grèvent ses résultats. Mais pourquoi les intérêts d’une banque devraient passer avant les salaires des travailleurs ?

Quant aux gouvernements, ils n’ont que le mot « emploi » à la bouche. Mais dans les faits, l’Etat à tous les niveaux et jusque dans les communes, est un des plus grands licencieurs. La seule raison de ses licenciements est d’économiser pour financer les milliards de cadeaux dont profitent les banquiers et le patronat. Il faut imposer de récupérer cet argent qui ne sert qu’à spéculer et enrichir les plus riches, pour qu’il serve à tous, notamment par des embauches dans tous les services publics !

Ce programme, personne ne l’imposera à notre place. Mais il n’y en a pas d’autre. C’est leurs profits ou nos salaires !