Le capitalisme: un système dont il faut se débarrasser.

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Le président de la plus grande banque américaine – JP Morgan – prédit dans sa « lettre aux actionnaires » l’avènement prochain de « la pire crise financière de l’histoire ». Prévisions similaires du côté du Fonds monétaire international (FMI) qui craint que l’argent que les banques centrales pompent vers le système financier en accordant des crédits aux intérêts quasi nuls aux banques et aux entreprises ne provoque surtout des bulles spéculatives plutôt qu’une vraie croissance.

Quel aveu d’impuissance de la part de ces personnages de premier plan du monde capitaliste !

En effet, quelles que soient les mesures que prennent les dirigeants des Etats et des organismes internationaux telles que le FMI, pour réagir à la crise, elles ne peuvent que conduire à des crises encore plus importantes.

Car aucune des mesures prises par les Banques Centrales et les États ne peut changer la nature profonde du système capitaliste : l’impossibilité de réguler ce système et le chaos engendré par une minorité de possédants en concurrence à la recherche effrénée du profit maximum.

Ainsi, les responsables de la banque centrale européenne assuraient que la mise à disposition des banques et des entreprises de plus de 1 000 milliards d’euros de crédits sans intérêts dans les deux ans à venir, servirait à stimuler la croissance et donc l’emploi. Mais les entreprises n’investissent et n’accroissent leur production que si elles pensent pouvoir vendre plus… ce qui n’est pas le cas.

Alors les actionnaires des entreprises préfèrent réaliser plus de profits en utilisant cet argent pour racheter leurs concurrents – souvent avec des pertes d’emplois à la clé – plutôt que d’investir dans des nouvelles usines ou d’embaucher.

Le résultat en est surtout une hausse des prix des actions. Cela peut rendre un patron comme Marc Coucke plus riche de 400 millions d’euros d’un seul coup, rien que par l’augmentation de la valeur de ses actions, mais pour les populations, pour les travailleurs, c’est surtout une énorme ardoise que les Etats leur feront rembourser en les condamnant à toujours plus d’austérité et de misère.

Seule la classe ouvrière a la force d’imposer d’autres règles que le profit capitaliste. Car quels que soient les profits distribués aux actionnaires des entreprises et des banques, toutes les richesses viennent du travail des ouvriers et des employés.

Le monde du travail ne pourra pas accepter éternellement de s’appauvrir toujours plus en travaillant toujours plus durement pour laisser une poignée de grands actionnaires détourner les fruits de leur travail dans des opérations financières aux conséquences désastreuses pour eux et pour toute la société.

Les travailleurs doivent défendre leur travail et leurs salaires, et faire entendre leurs propres exigences face à la crise :

Les entreprises ont des milliards à gogo pour se racheter mutuellement et payer des dividendes aux actionnaires ? Alors aucun travailleur ne doit se trouver privé de son salaire, ni entièrement parce qu’il est licencié, ni partiellement parce que son salaire baisse ! Qu’on prenne sur les profits pour répartir le travail entre tous, sans perte de salaire !

Il faut augmenter tous les salaires, pensions et allocations. Ce sont les profits qui alimentent les bulles spéculatives. Moins de profits pour plus de salaires, c’est déjà ça de moins pour la spéculation.

Il manque des logements, des places en crèche ou encore en home pour personnes âgées ? Les soins deviennent trop chers pour être accessibles pour tous, les transports publics se dégradent toujours plus ? L’argent public doit servir au public, pas aux capitalistes !

Patronat et Etat nous demandent en permanence de faire des sacrifices au nom de la crise. Mais avant de payer, les travailleurs doivent avoir le droit de voir où est parti l’argent, et à quoi il a servi ! Les comptes des entreprises et de l’Etat doivent être soumis au contrôle des travailleurs. Tout ce qui se décide dans les conseils d’administration des entreprises doit être public.

Et pour empêcher les banquiers de nuire, il faut les exproprier, fonder les banques en une seule banque publique, sous le contrôle des travailleurs et de la population !

Les travailleurs qui osent réclamer leur dû, voire qui se donnent la perspective de prendre le pouvoir à la place d’une classe capitaliste qui semble omnipuissante, ne sont qu’une toute petite minorité aujourd’hui ? Certes, mais c’est en levant ce drapeau aujourd’hui qu’on permettra aux millions de révoltés de demain de se regrouper en-dessous et de se débarrasser du capitalisme.