1er mai : journée internationale de luttes

Il y a 137 ans, la date du 1er mai a été choisie par des dirigeants du mouvement ouvrier pour organiser une journée de lutte internationale. Depuis, chaque année, des travailleuses et des travailleurs partout sur la planète, peu importe leur nationalité, se retrouvent le même jour pour manifester et faire grève pour leurs droits de travailleurs face aux capitalistes et aux gouvernements.

A l’origine c’est la journée des 8 heures qui fut choisie comme principal objectif aux luttes du premier mai. Ce choix avait pour but d’unir les travailleurs de tous les pays autour d’une revendication commune. Avec le temps, la journée des 8 heures fut arrachée dans de nombreux pays, et les luttes du premier mai gagnèrent alors un caractère de plus en plus politique, contre le système capitaliste.

Depuis des décennies pourtant la classe capitaliste regagne du terrain. Combien d’entre nous sont-ils forcés de travailler plus de 8 heures par jour ? Et même dans un pays riche comme la Belgique, combien se voient obligés de cumuler deux emplois ou d’accepter des heures supplémentaires ?

Ces reculs de nos conditions de vie et de travail dépassent de loin la question de la durée de la journée de travail. Les salaires et les allocations sont de plus en plus insuffisants, les licenciements se multiplient, les droits des travailleurs sont attaqués et les services utiles à la population sont dégradés par les politiques d’austérité… Pendant ce temps les milliardaires qui nous exploitent festoient et s’enrichissent à la tête de ce système qui s’enfonce dans la crise et la guerre généralisée.

Plus que jamais, l’avenir de l’humanité dépend de la reconstruction d’un mouvement ouvrier international, conscient de ses intérêts et capable de s’organiser par-delà les frontières et toutes les autres divisions !

1er mai 1886 à Chicago : massacre de Haymarket Square

Le 1er mai 1886, le jeune syndicat américain AFL appelle à la grève pour obtenir la journée des 8 heures. A Chicago, cet appel seul suffit à faire céder de nombreux patrons qui l’accordent à leur salariés. Conscient de leur force, 340.000 travailleurs poursuivent la grève pendant plusieurs jours.

Mais les capitalistes contre-attaquent. Le 3 mai, à l’usine McCormick de Chicago, 200 policiers font irruption à la fin d’un meeting et chargent les ouvriers. Il y a deux morts et une dizaine de blessés. 

Les travailleurs décident de ne pas céder. Le lendemain, un rassemblement est organisé à Haymarket Square contre la violence policière. A nouveau, à la fin du rassemblement, 180 policiers chargent la foule. Il y a des affrontements et des morts des deux côtés. 

La police profite de cette occasion pour arrêter 7 militants syndicalistes anarchistes, rejoints par un huitième qui se livre à la police. Dans un procès où même le juge reconnaît pourtant leur innocence, sept de ces huit militants sont condamnés à mort « pour l’exemple », 4 seront pendus.

1er mai 1889 à Paris : congrès de la 2ème Internationale

Trois ans plus tard, 400 délégués de la 2ème Internationale socialiste proposent l’organisation d’une journée de grève universelle pour l’obtention de la journée de 8 heures. Le délégué américain propose la date du 1er mai en souvenir du massacre de Haymarket Square. L’année suivante, le 1er mai 1890, la 2ème Internationale organise la première journée internationale de lutte des travailleurs. Depuis, des manifestations et grèves ont lieu chaque année. 

1er mai 1916 à Berlin : A bas la guerre !

En pleine guerre mondiale, les travailleurs ont continué de défendre leurs intérêts communs lors du 1er mai.

En 1916, à Berlin, une manifestation ouvrière fut organisée pour dénoncer le massacre de la guerre et affirmer que l’idéal socialiste était toujours vivant, malgré la trahison des dirigeants des grands partis socialistes qui s’étaient ralliés à leurs gouvernements respectifs pour défendre la guerre fratricide.

Un petit nombre de militants ont continué de défendre l’internationalisme et de dénoncer la guerre impérialiste. Parmi eux : Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht.

Le 1er mai 1916, Karl Liebknecht proclame « A bas la guerre ! A bas le gouvernement ! » à l’unisson de milliers d’ouvriers et de jeunes qui s’étaient rassemblés autour de lui.

Pour avoir dénoncé la guerre capitaliste, il fut arrêté. Lors de son procès, 55.000 ouvriers des usines d’armement se mirent en grève. Liebknecht condamné deviendra « l’homme le plus populaire des tranchées ». En 1918 la révolution allemande éclate et force l’état-major allemand à signer l’armistice.

1947 en Italie : massacre de Portella della Ginestra

Lors du rassemblement du 1er mai 1947 dans la province de Palerme un groupe mafieux massacre les paysans et ouvriers présents. Pour l’ensemble du mouvement ouvrier italien, il était alors clair que les mafieux avaient été armés par les grands propriétaires terriens. Ces grands propriétaires que protégeait le régime fasciste instauré par Mussolini, ne voulaient pas que la fin de la 2e guerre mondiale accouche de mouvement révolutionnaire, comme ce fut le cas lors de la 1ere guerre mondiale.

Le 1er mai : une bataille politique

Le fascisme en Italie, le nazisme en Allemagne ou le pétainisme en France ont tenté de détourner la signification historique du rassemblement du 1er mai en tentant d’en faire une « fête du Travail ». Depuis, presque tous les dirigeants bourgeois ont cherché à faire de même.

En Belgique en 1985, Louis Michel, à la tête du parti libéral voulut faire du 1er mai une « fête de tous les travailleurs ». En 1996, le Vlaams Belang a lui aussi tenté de récupérer le 1er mai en se réunissant à Alost avec comme slogan « du travail d’abord pour notre peuple ». Un slogan à l’image des partis d’extrême droite qui cherchent à utiliser les symboles révolutionnaires pour se donner un visage « anti-système »… tout en restant à la botte des capitalistes en exacerbant les divisions entre travailleurs.

Dans nombre de pays, les ouvriers manifestent le 1er mai et sont arrêtés par des régimes dictatoriaux et ne peuvent que difficilement se réunir. Dans les pays soi-disant « démocratiques », le grand patronat et leurs alliés tentent de faire du 1er mai une « fête nationale » où toute référence au passé des luttes des travailleurs a disparu, parce qu’ils savent que cette histoire est riche d’expériences qui pourraient un jour devenir des armes pour les travailleurs en lutte.

Profitons du 1er mai et de tous les autres jours de l’année pour rappeler haut fort que les travailleuses et travailleurs du monde entier forment un seul camp face aux capitalistes et aux gouvernements à leur service. Vive le premier mai ! Vive la lutte internationale des travailleuses et des travailleurs !

Lutte ouvrière appelle à se joindre aux rassemblements organisés dans tout le pays le 1er mai. Aujourd’hui plus que jamais, retrouvons-nous pour affirmer que les travailleurs n’ont pas de patrie, mais des intérêts communs à défendre dans le monde entier. A Bruxelles, une manifestation partira à 14h de la place Marie Janson et de nombreux stands politiques seront présents au Mont-des-arts de 12h à 20h. Lutte ouvrière participera à ces deux événements.