1996 : le PS contre l’enseignement

Depuis plusieurs semaines, les jeunes et les enseignants se mobilisent. Sur les piquets de grève et dans les manifestations, la colère vise en particulier la ministre Glatigny (MR) et le gouvernement Arizona.

Mais, si pour les enseignants les plus jeunes, c’est une première, ce n’est pas la première fois que l’enseignement est attaqué sous  prétexte d’économies.

En 1996, l’enseignement francophone a connu l’un des plus grands mouvements sociaux de son histoire. Pendant plusieurs mois, enseignants et élèves se sont mobilisés contre le « plan Onkelinx ». Cette réforme dirigée par le PS prévoyait la suppression de près de 3.000 emplois, des restructurations d’écoles et une réduction importante des moyens accordés à l’enseignement secondaire. Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue. Les écoles ont été paralysées pendant des semaines.

À l’époque déjà, les ministres prétextaient qu’il fallait faire des économies et réduire les dépenses. Un discours qui ressemble fortement à celui que nous entendons aujourd’hui.

La différence ? En 2026, ces attaques sont menées par un gouvernement dominé par la droite. En 1996, elles étaient portées par Laurette Onkelinx, du Parti socialiste !

Alors que le PS tente aujourd’hui de se présenter comme un défenseur de l’enseignement face à l’Arizona, il faut se rappeler que ce sont eux qui ont imposé les suppressions de postes, les économies, les restructurations et la détérioration des conditions de travail en 1996.

Et depuis, les économies n’ont pas cessé dans l’enseignement, que ce soit sous des ministres Ecolo ou CDH (désormais “Les Engagés”), ou les ministres socialistes comme Marie Arena et Christian Dupont entre 2004 et 2009, et plus récemment Caroline Désir entre 2019 et 2024 qui ont continué la même politique.

Caroline Désir a ainsi participé à la mise en place du Pacte d’excellence initié par Joëlle Milquet (CDH), qui est un plan d’économies, prévoyant en particulier un projet d’évaluation des enseignants qui vise à faciliter leur licenciement.

De quoi rappeler aux enseignants, comme à tous les travailleurs, qu’ils ne peuvent rien attendre de bon des ministres, et qu’ils ne peuvent compter que sur leurs propres forces !