La loi relative à la promotion du profit

Mardi, le 22 avril, la « loi relative à la promotion de l’emploi » a été votée à la Chambre. Entre autres, elle prolonge le gel des salaires de deux ans et légalise le saut d’index.

Cette loi est une grave attaque contre les salaires. Sa raison d’être est de baisser le « coût du travail » et d’augmenter les profits.

Quant à l’emploi que le gouvernement prétend promouvoir avec cette loi, rien n’est imposé aux patrons. Et la diminution du niveau de vie entraînera la baisse de la consommation… et l’augmentation du chômage.




Scanner la fortune de Jef Colryut

Après le saut d’index décidé par le gouvernement Michel pour 2015, le ministre de l’économie, Kris Peeters (CD&V) veut modifier le calcul de l’indexation pour les années suivantes. Le gouvernement Di Rupo avait introduit les produits blancs dans le panier des produits de référence. Mais pour Peeters, il y a beaucoup plus simple : se baser sur les prix des produits scannés aux caisses des supermarchés. Comme l’explique un économiste de l’Université de Gand « avec la récession, on achète beaucoup plus de produits bon marché qu’auparavant, du porc au lieu du boeuf, des céréales produits blancs au lieu de Kellog’s. Avec le nouveau système (de Peeters), l’indexation interviendra plus tard ».

Pour baisser le pouvoir d’achat des travailleurs, la technologie permet au gouvernement de voir défiler les données de caisses de Colruyt et Delhaize. Mais les travailleurs pourraient utiliser cette même technologie pour imposer un contrôle des prix, calculer les bénéfices que ces enseignes réalisent sur le dos des consommateurs et des producteurs. Finalement, le problème c’est : la technologie au service de qui ?




A bas la torture de l’index

En aucun cas on n’acceptera un saut d’index, disent les dirigeants syndicaux. Mais le saut d’index n’est qu’une façon de le rendre inopérant. On peut aussi… lui enlever l’essence et tenir moins compte des loyers comme l’a fait Dehaene en son temps, y intégrer des prix soldés et les produits blancs et permettre une recomposition annuelle du panier de produits comme l’a fait Di Rupo, ou encore, comme certains en discutent actuellement, augmenter seulement le salaire poche, et pas la part versée à la sécurité sociale pour les pensions notamment…

L’index subit la torture depuis de trop nombreuses années. Il est temps que les travailleurs lui viennent au secours et lui rétablissent sa santé.