Les bijoux de quelle famille ?

A l’annonce de la fusion du groupe Delhaize avec le groupe néerlandais Ahold, les médias se sont déchaînés à propos de « nos » bijoux de famille belges qui passeraient sous contrôle des « Hollandais ». Les syndicats ont exprimé leur méfiance face à la nouvelle direction majoritairement hollandaise.

Les travailleurs auraient-ils plus de raisons de faire confiance aux actionnaires belges, ceux qui leur ont imposé un plan de licenciement, des baisses des primes et la diminution de pauses, tout en réalisant des plantureux profits ? Bien sûr que non !

Si les caissières avaient des « bijoux de famille » grands comme des supermarchés, elles ne seraient pas obligées de s’abîmer les poignets et le dos à la caisse. Ces « bijoux », c’est du capital des patrons qu’il s’agit. Et un patron reste un patron. Peu importe sa nationalité, ses profits, il les fait en exploitant les travailleurs !




Delhaize-Ahold: patrons concurrents, patrons complices… pour nous faire les poches.

Pour justifier les 1800 licenciements, Delhaize n’a cessé de répéter que c’est la concurrence de super-marchés hard discount comme Lidl, Aldi ou Albert Hijn (en Flandre) qui l’obligeait à réduire ses coûts.

Aujourd’hui, il est de plus en plus évident que déjà à ce moment-là Delhaize envisageait une fusion avec Ahold (enseigne Albert Hijn).

Les syndicats de Delhaize craignent une harmonisation vers le bas en cas de fusion car les salaires sont plus bas chez Ahold.

Quelle que soit l’issue de ces négociations entre patrons, qu’ils se considèrent comme concurrents ou comme associés, ce sera de nouveau sur le dos des travailleurs qu’ils voudront faire des économies.

Mais quand les syndicats disent qu’ils vont être attentifs à ce que les investissements ne se fassent pas uniquement dans les magasins Albert Hijn au détriment de Delhaize, c’est entretenir la division entre les travailleurs et faire croire que Delhaize ne l’aurait pas fait tout seul… Alors même que les salaires ont baissé de 8% chez Delhaize après la dernière restructuration !

Dans le secteur du transport ou de bâtiment on nous fait aussi croire qu’il y a des patrons raisonnables mais qui sont obligés de s’aligner sur la « concurrence déloyale ». Dans combien de ces soi-disant concurrents sont en réalité complices pour nous faire accepter les reculs ?

Face aux patrons qui s’unissent pour nous taire les poches, il faut l’unité des travailleurs pour imposer leurs propres revendications: Interdiction des licenciements et partage du travail entre tous.