Le capitalisme, un obstacle pour lutter efficacement contre le virus

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Dans les centres de vaccination restés vides durant des jours, de nombreuses doses de vaccin ont dû être jetées faute de pouvoir être injectées dans les délais. Pendant ce temps, des médecins et des soignants ne recevaient pas leur convocation pour se faire vacciner et personne ne pouvait leur dire à qui ils devaient s’adresser. C’est que le gouvernement a confié l’envoi des convocations à une entreprise privée rapidement dépassée par cette tâche.

Ce fiasco rappelle celui des masques Avrox, commandés par millions à une entreprise fondée exprès par trois hommes d’affaires attirés par l’argent de l’État. Ces masques sont aujourd’hui déconseillés d’utilisation, car potentiellement cancérigènes…

Pour chaque aspect de la lutte contre le virus, les gouvernements s’en remettent « au marché » : pour les vaccins ce sont des groupes pharmaceutiques mondiaux qui dictent leurs conditions et leurs prix ou, pour d’autres protections, une poignée d’affairistes sans scrupules ni compétences particulières.

Devant ce fiasco, les politiciens rejettent la faute sur la population. Les centres de vaccination sont-ils vides ? C’est au tour des vieux d’être traités « d’égoïstes », car ils hésiteraient à se faire vacciner, au détriment des jeunes « qui ont fait beaucoup d’efforts et doivent retrouver une vie sociale ». Hier encore, « les égoïstes », c’étaient les jeunes qui faisaient la fête…

Accabler la population pour masquer leurs responsabilités : voilà la politique des dirigeants. Eh bien, qu’ils ne s’étonnent pas que la population ne leur fasse pas confiance !

Les travailleuses et les travailleurs n’ont pas de preuve à donner de leur implication dans la lutte contre l’épidémie. Ce sont eux qui font tourner la société en dépit du virus, dans les hôpitaux, les usines et les champs, les transports, partout !

Mais les dirigeants de la planète gèrent la crise sanitaire du seul point de vue de la bourgeoisie, en respectant scrupuleusement le cadre capitaliste : le profit maximum, la propriété privée et le secret commercial. Cette gestion est non seulement contraire aux intérêts des travailleurs mais elle est également inefficace au regard de la lutte contre le virus.

Pour la population, ce sont les restrictions sur la vie personnelle, les interdits et les sanctions avec comme seul horizon : « Va bosser coûte que coûte puis reste enfermé chez toi ». Pour les capitalistes et le grand patronat, un minimum de contraintes et de perturbations, ils tiennent à ce que leurs affaires continuent et rapportent.

Résultat, le gouvernement traque le virus pendant les heures de loisirs, mais il le laisse courir dans les entreprises où les protocoles sanitaires sont impossibles à tenir, vu les rythmes imposés et les contraintes des postes. À cela s’ajoutent des transports en commun bondés et des établissements scolaires sans véritables moyens de lutter contre les contaminations.

Quant à la vaccination, les grands laboratoires pharmaceutiques détiennent la clé de la situation. Cherchent-ils à unir leurs efforts pour accélérer la fabrication ? Partagent-ils leurs connaissances en se communiquant les brevets ? Non ! Les actionnaires de chaque laboratoire n’ont qu’un objectif : vendre leur vaccin et encaisser les profits. Mais pour investir dans les chaînes de fabrication de façon à produire les doses commandées et payées, ils ne sont pas pressés, comme on le voit avec les retards de livraison !

La situation exigerait de mettre en commun le savoir des chercheurs et les moyens de production, mais la concurrence et la propriété privée l’interdisent. Il faudrait de la coopération et de la planification, mais les labos imposent l’opacité et le secret commercial.

Nous vivons dans une société qui place la propriété capitaliste et le profit au-dessus de tout. Les capitalistes sont incapables de répondre à une « mobilisation générale » dans l’intérêt de l’humanité dans cette pandémie. Ils ne se mobilisent que s’il y a suffisamment de bénéfices à en tirer.

Les politiciens au service d’une telle organisation sociale sont impuissants, même s’ils voulaient faire autrement. A présent, ils baladent l’opinion publique avec le passeport vaccinal, alors que ceux qui veulent se faire vacciner ne le peuvent pas !

Les chercheurs, les ingénieurs, les ouvriers à la production des entreprises pharmaceutiques, comme le personnel hospitalier ou celui des maisons de repos : chacun donne tout ce qu’il peut dans le combat, alors même qu’ils subissent les uns les restrictions budgétaires, les autres la précarité.

Mais tous ces efforts collectifs sont gâchés par l’organisation capitaliste de la société : tout comme du virus, il faut se débarrasser du capitalisme !