FedEx: « Que faire ? » face aux attaques des patrons ?

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Un mois après leur mouvement de grève de 48 heures pour protester contre les attaques de la multinationale sur les emplois et les salaires, les travailleurs de FedEx de l’aéroport de Liège constatent que la direction continue à vouloir imposer son plan. Sur 1 500 salariés actuellement, 671 risquent de perdre leur travail tandis que les autres sont soumis à un chantage à l’emploi pour accepter de signer de nouveaux contrats de 20 heures semaines, contre 30 heures actuellement.

Pourtant, les salaires sont déjà insuffisants. Beaucoup de collègues ne peuvent se payer une voiture et dépendent des transports en commun pour rejoindre l’aéroport et commencer leur shift de nuit. Le calcul de la direction est transparent : des contrats avec si peu d’heures, et des salaires si insuffisants, mettent les travailleurs dans le besoin d’accepter n’importe quel rappel pour quelques heures en plus. Des travailleurs ultra flexibles et ultra-rentables, voilà le plan de la direction pour satisfaire la soif de profits des actionnaires.

Tout cela écœure les travailleurs de FedEx qui constatent que le gouvernement wallon, appelé en renfort par les directions syndicales, brasse du vent dans l’indifférence complète de la direction. Beaucoup ne comprennent pas la passivité des directions syndicales. « Dans ce genre de situation, il faut rentrer dans le tas si on veut se défendre ! » regrette amèrement un travailleur. Une même question revient dans la bouche de ces ouvriers : « Que faire ? ». Les directions syndicales se justifient en disant « on ne peut rien, c’est une multinationale avec des méthodes américaines » etc. Comme si TNT, la multinationale hollandaise rachetée par FedEx en 2015, n’avait pas appliqué exactement la même politique.

Mais aujourd’hui, FedEx a un plan de suppression de 6 000 emplois à l’échelle de l’Europe. En Italie aussi, les travailleurs de FedEx, pourtant dans leur majorité des précaires travaillant via une sous-traitance, ont fait grève dans plusieurs villes, dont Rome, Florence, Bologne, Milan et Naples.

« Que faire ? » Les dizaines de milliers de travailleurs qui font fonctionner cette entreprise mondiale sont une force gigantesque sur qui tout repose. S’organiser, se coordonner à l’échelle internationale, n’est-ce pas ce qu’ils font en tant qu’activité professionnelle ? Ils sont capables de mettre cette expérience et leur compétence au service d’une lutte pour leurs emplois et leurs salaires.