De mal en pis, l’échec du capitalisme face au virus et à la pauvreté

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La bourse bat des records. Les milliardaires s’enrichissent. À l’autre bout des dizaines de milliers de travailleurs ont perdu leur travail en Belgique, et des centaines de millions dans le monde, lors du premier confinement et se retrouvent aujourd’hui à dépendre de l’aide alimentaire pour se nourrir.

Le désespoir gagne aussi de nombreux indépendants et commerçants dont l’activité dépend de la consommation des travailleurs. Entre leur activité à l’arrêt et la baisse du pouvoir d’achat de la population, ils ne voient plus d’issue pour s’en sortir. Le suicide d’une jeune coiffeuse liégeoise qui avait investi toutes ses économies pour ouvrir son salon cet été, est révélateur de cette situation.

Bien entendu, les organisations patronales, comme la fédération du commerce, exploitent ce désarroi des petits commerçants pour faire pression sur le gouvernement et exiger une réouverture du commerce à l’occasion des fêtes de fin d’année. Les banques et les grands groupes qui louent les locaux, écrasent les petits commerçants à longueur d’année… Quoi de plus écœurant que d’entendre les représentants de ces capitalistes brandir le désespoir des commerçants et indépendants pour défendre surtout les bénéfices des grandes entreprises?

De leur côté, les responsables d’hôpitaux crient leurs difficultés et leur crainte d’une troisième vague en cas de déconfinement trop rapide. Les équipes de soignants sont en effet à bout.

Les gouvernements, en Europe, aux USA, disent qu’il faut trouver le bon équilibre entre la lutte contre le virus et la paralysie économique. Mais le résultat, c’est des centaines de milliers de morts et un appauvrissement massif de la population, alors que les très riches continuent à accroître leur richesse.

Il est frappant de constater que, malgré toute sa technique et son organisation, la société capitaliste est incapable de faire des choix efficaces pour protéger à la fois les malades et ceux qui les soignent, tout en évitant à la population de tomber dans la pauvreté. Les mandarines dans les supermarchés et les pièces pour assembler les voitures sont acheminées en just-in-time à travers les frontières, les entreprises d’intérim distribuent des travailleurs précaires en quelques heures à la demande des entreprises. Mais le manque de masques, puis le manque de réactif pour les tests de dépistage, le manque de personnel formé dans les hôpitaux et les maisons de retraites, paralysent les efforts contre la pandémie.

C’est que dans l’économie capitaliste, rien ne se fait, rien ne se fabrique, rien ne se décide si cela ne rapporte pas du profit à la petite minorité de gros actionnaires qui dominent la société. Les gouvernements, qui ouvrent leurs caisses pour maintenir les profits des banques et des grandes entreprises, se refusent à revenir sur les mesures d’économies dans l’enseignement, la santé, les transports, bref, tout ce qui est utile à la population. Cela pourrait pourtant contribuer à créer des emplois qui manquent tout en améliorant l’efficacité de la lutte contre le virus.

Mais le problème de la classe capitaliste n’est pas de former plus de médecins, d’infirmières, d’enseignants, de conducteurs de bus ou de trains. Pour les capitalistes, ce n’est pas immédiatement rentable… alors ça ne compte pas.

Par contre, les patrons utilisent la peur du chômage et de la pauvreté pour généraliser la précarité dans les entreprises et mettre la pression sur les travailleurs pour leur faire accepter reculs sur reculs, pour les salaires et les conditions de travail.

La concurrence, la compétitivité au nom de laquelle les patrons justifient ces attaques, entraînent une évolution  de la société qui, même quand elle est positive, se fait  en sacrifiant des millions de travailleurs réduits au chômage, mais conduit souvent aussi à des guerres avec des dizaines  de mutilés et de tués.

Le capitalisme ne tire pas parti de la créativité de l’humanité, de ses connaissances et de sa technique pour surmonter les problèmes qui se posent de plus en plus à l’échelle mondiale, que ce soient les risques sanitaires, la lutte contre le réchauffement climatique ou l’épuisement des ressources naturelles, et les conséquences dévastatrices du sous-développement.

C’est pour cela que l’avenir du genre humain est une société socialiste, communiste, où les travailleurs aidés des scientifiques et des ingénieurs décideront librement, parce qu’il n’y aura plus d’accapareurs capitalistes.