Face au virus du capitalisme, les travailleurs ont besoin d’un plan de bataille

image_pdfimage_print

Les représentants des gouvernements fédéraux et régionaux se sont réunis vendredi 16 octobre pour annoncer de nouvelles mesures. Pas pour révéler que de nouveaux centres de dépistage auraient été ouverts. Au contraire, les centres existants doivent fréquemment fermer leurs portes parce qu’ils sont débordés. Pas davantage pour dire que le traçage permet maintenant de mettre les personnes contaminées en quarantaine avant qu’elles en infectent d’autres. Le traçage manque toujours de moyens et de personnel. Quant aux hôpitaux, ils n’ont pas reçu les moyens nécessaires pour augmenter leur capacité d’accueil des malades, et embaucher du personnel en suffisance. Les hôpitaux craignent autant qu’en début d’année la saturation.

Les politiciens belges sont-ils plus inefficaces que d’autres ? Certes, empêtrés dans leurs conflits communautaires, ils ont mis plus de 17 mois à former un nouveau gouvernement. Mais les autres gouvernements européens, ont appliqué la même politique ! Au lieu de faire des investissements dans les hôpitaux pour éviter la saturation, dans les transports pour éviter la contamination en étant épaule contre épaule, tous les gouvernements ont distribué des milliards aux plus riches !

Tous, ils ont multiplié les cadeaux fiscaux aux plus riches, les plans d’aides aux banques et aux grandes entreprises. Car au-delà de leurs différences, tous les gouvernements se soumettent à la loi des capitalistes, la loi du profit maximum ! Et dans les entreprises, c’est redevenu quasiment comme avant, les protections passent après la production.

Aujourd’hui, la seconde vague de contagion du Covid-19 est là, et aucun pays n’est mieux préparé qu’il y a 8 mois. Car ce qui guide les décisions des gouvernements et des capitalistes, ce n’est pas l’intérêt collectif, c’est l’accumulation de profit. Des gouvernements et des capitalistes pour qui un hôpital, un laboratoire, une unité de fabrication de masques… ça doit rapporter et rapporter gros !

Pour masquer la responsabilité des capitalistes, il ne restait plus au gouvernement qu’à porter la responsabilité sur la population. “Eviter un nouveau lockdown, c’est la responsabilité de chacun d’entre nous”, déclarait Alexander De Croo l’air grave.
Pourtant la population laborieuse a fait plus que sa part et continue à le faire. Dans la santé, les transports, les magasins, la production essentielle, même quand il n’y avait quasiment pas de protection.

Et il est impossible d’éviter un rebond de l’épidémie uniquement par les précautions individuelles, sans moyens centralisés et collectifs efficaces !

C’est pire encore pour ce qui est de la crise économique que le Covid-19 n’a fait qu’accélérer, car là il n’y aura pas de médecins ni de scientifiques pour nous en sortir, il n’y aura ni traitement, ni vaccin.

Des petits cafetiers et restaurateurs vont devoir fermer et se retrouver sans revenus. Et ce n’est pas la promesse d’une prime de 3000 euros qui va les sauver de la faillite, alors que les entreprises vont licencier des centaines de milliers de travailleurs.

En quelques mois de crise sanitaire, le patronat a déjà détruit des dizaines de milliers d’emplois. Ce sont notamment des milliers d’intérimaires et de CDD privés de leur salaire.
Wibra, Lunch Garden, D’Ieteren… les licenciements suivent la même courbe exponentielle que l’épidémie. Dans les entreprises, le patronat mène la lutte des classes et impose plus de flexibilité et de précarité aux salariés, avec là encore de nombreux licenciements. Tous les travailleurs sont concernés, y compris ceux qui pouvaient se croire à l’abri, comme les pilotes d’avion ou les ingénieurs.

En comprimant la consommation de la population pour maintenir leurs profits malgré le chaos général, les patrons accentuent la crise économique et préparent de nouvelles catastrophes, encore plus dévastatrices !

C’est ce fonctionnement économique absurde qui a permis à 10 500 riches d’entrer dans le club des millionnaires en Belgique l’an passé. Ces fortunes se sont construites au prix du chômage de masse et des baisses salaires. 

Ce sont pourtant les travailleurs qui sont à la base de tout, comme l’épidémie l’a rappelé. Alors les travailleurs sont dans leur droit d’affirmer que c’est eux qu’il faut protéger du virus, du chômage et de la misère. Et si les patrons et les gouvernements ne veulent défendre que les profiteurs, les travailleurs doivent se défendre eux-mêmes et s’organiser pour cela.

Les milliards accumulés doivent servir à maintenir les emplois, coûte que coûte, et non à la spéculation. Il faut partager le travail entre tous sans perte de salaire, même si quelques millionnaires se retrouvent un peu moins riches. C’est la seule perspective qui mène à un progrès plutôt qu’à de nouvelles catastrophes.