NewB, un capitalisme sans capitaliste ?

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Le 27 novembre, NewB, une coopérative qui se veut « une banque différente », a rassemblé par souscription le capital de 30 millions € qui est nécessaire pour demander officiellement une licence bancaire.

Plus de 55 000 personnes, souvent des jeunes, ont versé à lasouscription. Mais également des dizaines d’associations, le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, des universités et des centrales syndicales de la FGTB et de la CSC.

La FGTB par exemple, vente NewB comme « une banque éthique où le profit n’est plus l’unique boussole » pour « financer la transition écologique et les enjeux sociaux ».

NewB elle-même se présente comme la « banque d’une épargne durable qui veut retourner aux fondamentaux du métier bancaire, avec une gestion transparente, pas de spéculation et des dividendes limités pour empêcher tout dérapage ».

Le curieux qui s’intéresse à l’origine des banques découvrira que, depuis le moyen-âge, la spéculation, le secret, la poursuite du profit maximum constituent depuis toujours « les fondamentaux du métier bancaire ». Sans remonter aussi loin dans le passé, la FGTB aurait pu se rappeler de la mésaventure de « La Banque Belge du Travail » (BBT), fondée en 1913 par le Parti Ouvrier Belge, l’ancêtre du PS.

Pour mobiliser l’épargne des travailleurs, le dirigeant socialiste Edouard Anseele leur demandait de l’aider « à tisser le linceul de la classe capitaliste » en finançant des entreprises coopératives. « A partir d’un certain seuil d’entreprises sous le contrôle des coopérateurs, » expliquait Anseele, « l’économie capitaliste basculera irrésistiblement vers le socialisme. »

La BBT sera finalement acculée à la faillite par les conséquences de la crise économique de 1929. 300 millions de francs d’épargne ouvrière et 50 millions d’épargne des organisations syndicales disparaitront avec elle.

Les faits ont donné raison aux révolutionnaires de l’époque. Ils s’opposaient à la propagation dans le monde ouvrier de ces illusions envers les coopératives et leur possibilité de mettre fin à l’exploitation des travailleurs, à la concurrence sans pitié et la spéculation qui mène au chaos économique.