« Changez le système, pas le climat » !

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Les jeunes, les écoliers, lycéens et étudiants qui manifestent par dizaines de milliers contre l’irresponsabilité climatique de ceux qui nous dirigent ont parfaitement raison : il faut « changer le système » !

Toutes les études scientifiques montrent que le réchauffement de la planète entraîné par l’activité humaine va entraîner des conséquences catastrophiques à 50 ou 100 ans, c’est-à-dire demain !

C’est que la marche du monde n’est pas déterminée par les besoins des populations, mais par la concurrence anarchique et la course aux profits maximum des grandes sociétés capitalistes de la planète.

Des gaspillages bien plus insensés défilent sous nos yeux. Cette semaine, plus de 80 hélicoptères et 3 000 soldats américains vont traverser la Belgique, avec toute leur panoplie d’armes lourdes, de chars, de véhicules de combat… Ils relèvent, comme tous les 9 mois, le contingent américain de l’OTAN stationné face à la Russie. Combien d’hôpitaux, de lignes de transport, d’usines de désalinisation d’eau de mer, ces armées coûtent-t-elles ? Pourquoi les pays occidentaux se protègent-ils de la Russie, sinon pour neutraliser un pays concurrent, qui pourrait perturber l’appropriation au moindre coût des richesses de la planète, du pétrole au Moyen-Orient, des minéraux au Congo, du caoutchouc en Malaisie, etc.

Et puis un autre gaspillage inouï : le gaspillage du travail, celui des humains contraints au chômage ! Le journal Le Soir signale, rien que pour ce mois de janvier, l’annonce de la suppression de 3 100 emplois : Proximus, NMLK, Coca-Cola, Nokia Bell, Sonaca, Nexans, New Look, Frima… Sans parler des licenciements individuels ou dans les très petites entreprises.

Alors qu’il manque de personnel dans les hôpitaux et les homes, des milliers de jeunes sont au chômage. L’État et les collectivités publiques n’ont pas les budgets pour les former et les embaucher ! Les routes auraient besoin d’entretien, la SNCB aurait besoin de conducteur et de personnel d’entretien… L’État et les Régions n’ont pas les budgets suffisants, car les impôts payés par les plus riches ont fortement diminué.

Dans ce monde capitaliste, les entreprises privées ne produisent que si elles font suffisamment de profits. Alors il y a même des pénuries de médicaments !

L’État collecte les impôts de toute la population, même des plus pauvres avec la TVA, mais pas des plus riches qui payent pour être conseillés pour frauder. Mais l’État dirige une grande partie de cette manne vers les riches actionnaires des banques et des grandes entreprises. Ce sont d’abord les commandes militaires, ce sont aussi les commandes de travaux publics aux entreprises privées, souvent surfacturées.

Oui, les riches s’enrichissent au détriment des pauvres. L’ONG Oxfam vient de dénoncer que 26 milliardaires possèdent autant que la moitié de la population de la planète la plus pauvre ! La fortune des milliardaires ne cesse d’augmenter ! Dans les pays riches, comme le nôtre, le niveau de vie des familles de travailleurs recule parce que le chômage pèse sur le budget familial, parce que les prix, les taxes et les cotisations ne cessent d’augmenter, et parce que les salaires ne suivent pas l’inflation depuis des années. Et pour les pensions c’est encore pire.

Les gilets jaunes l’ont dit sur les ronds-points : il faut un rattrapage du niveau de vie ! Les syndicats en négociation avec le patronat pour la future norme salariale 2019-2020 le disent aussi : il faut augmenter les salaires. Mais « Il n’y a pas moyen de discuter de quoi que ce soit » avec le patronat constatent les représentant syndicaux ! Alors ils ont quitté la table de négociations et appellent à la grève pour le 13 février.

« Le combat syndical, ça paye, à condition que ce soit un combat fort. C’est ce que les travailleurs demandent. » Ecrit Thierry Grignard, le nouveau Président FGTB Métal Liège-Luxembourg. « Les petites promenades symboliques, ça ne sert à rien. Il faut de grandes manifestations, des arrêts de travail, des grèves qui font mal au patronat, et ça dans une perspective de long terme. » Les dirigeants syndicaux ont mainte fois montré qu’ils arrêtaient les luttes plutôt que les organiser. Mais prenons-les au mot, ne serait-ce pour qu’ils ne puissent pas dire ensuite que les travailleurs n’ont pas suivi leur appel.

Oui il faut que les travailleurs se préparent à des luttes importantes, avec ou sans les syndicats, non seulement pour l’augmentation des salaires et pensions, mais aussi dans la perspective de « changez le système » qui est profondément néfaste à l’humanité, pour le remplacer par un système où l’on produira en fonction des besoins de tous les humains.