Derrière la « guerre commerciale » : la guerre contre les travailleurs !

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Une guerre commerciale internationale – ce spectre a fait son apparition depuis que Donald Trump a annoncé l’introduction de taxes douanières élevées sur l’acier, l’aluminium, des voitures, et puis sur des produits en provenance de Chine.

Cela peut être encore un effet d’annonce à la Trump. Mais cela peut aussi être le début d’une escalade, car il est évident que les autres Etats, surtout les grands puissances impérialistes, ne laisseraient pas ces mesures sans réponse, si elles étaient mises en œuvre. L’Union européenne et la Chine ont déjà menacé en retour d’une augmentation de leurs tarifs douaniers sur une série de produits importés des Étas-Unis.

Vis-à-vis des travailleurs et des chômeurs américains, Trump prétend que l’industrie américaine créerait plus d’emplois en la protégeant de cette façon du « dumping » allemand, chinois ou brésilien.

Mais en vérité, les classes populaires américaines seraient les premières victimes de cette politique ! Car des droits de douanes plus élevés signifient une augmentation des prix des marchandises importées, de la canette fabriquée avec l’aluminium brésilien jusqu’à la voiture. Et si la guerre commerciale était réellement déclenchée, si tous les pays industrialisés augmentaient leurs tarifs douaniers sur des produits qu’ils importent, les prix augmenteraient partout. La crise et le chômage s’aggraveraient.

Les secteurs américains de l’automobile et de la métallurgie déclarent que les prix élevés du métal leur feront vendre moins. Que cela soit vrai ou faux, ils annoncent déjà la suppression de dizaines de milliers d’emplois. Leur guerre commerciale est avant tout une guerre qui se retournera contre les travailleurs !

Et nous devons être conscients que les gouvernements ici, qu’ils soient nationaux, régionaux ou européens, se moqueront autant des intérêts des travailleurs européens que Trump se moque de ceux des travailleurs américains. Car seuls comptent les profits des banques et des multinationales.

Cela fait longtemps que dans tous les pays, au nom de la compétitivité, les entreprises suppriment des emplois, augmentent la charge de travail, baissent les salaires… Une aggravation de la concurrence par la « guerre commerciale » signifierait avant tout un redoublement des attaques contre les travailleurs.

Face à cette guerre commerciale, les travailleurs de tous les pays ont les mêmes intérêts, ils sont dans le même camp. Il importe d’autant plus d’en être conscient, qu’au bout de leur guerre commerciale pointe la guerre tout court.

Depuis quelques années, la concurrence internationale prend des formes de plus en plus aigües. Car il est impossible de maintenir le niveau des ventes, alors que des continents sont condamnés à la misère la plus totale, et que dans les pays riches de plus en plus de travailleurs poussés au chômage sont privés de leur salaire.

Ainsi, les capitalistes diminuent leurs propres possibilités de vendre et de faire des profits, aggravant encore la concurrence et la lutte entre euxpour des parts de marchés. Les incohérences de Trump ne sont pas qu’une expression de son caractère, elles reflètent l’absurdité de tout le système capitaliste, et son ton martial reflète la brutalité de cette concurrence de plus en plus acharnée.

Dans les années 30, la crise économique avait poussé les Etats capitalistes à cette même politique protectionniste. La crise s’en est trouvée aggravée et la guerre commerciale a fini par jeter les populations du monde entier dans une 2ème guerre mondiale et ses massacres.

Ces dernières décennies, c’étaient surtout les pays d’Afrique et du Moyen Orient qui ont été entraînés dans des guerres horribles sans fin, à cause de la concurrence autour du pétrole et des ressources minières. Les tensions actuelles nous rappellent qu’à terme, même dans les Etats industriels d’Europe et d’Amérique, nous ne sommes pas à l’abri du retour d’une nouvelle guerre.

Car c’est le fonctionnement même du capitalisme avec sa concurrence et ses crises qui porte en lui la guerre, comme la nuée porte l’orage, d’après la formule du socialiste français Jean Jaurès à la veille de la première guerre mondiale.

Mais l’expérience horrible de la guerre capitaliste a aussi incité les travailleurs à tourner leurs fusils contre leurs propres généraux et leurs propres capitalistes. En 1917, en Russie, pour la première fois dans l’histoire, la classe ouvrière mit fin au capitalisme et commença à construire une société libérée de la concurrence et de l’exploitation, le communisme. Une révolution qui, de Russie, gagna à elle des travailleurs de tous les pays, ennemis ou pas. Et si finalement cette expérience ouvrière échoua et se termina par la dictature de Staline, c’est parce que la classe ouvrière ne l’a pas emporté dans les autres pays.

C’est avec cet objectif révolutionnaire que nous devons renouer, car c’est la seule perspective valable face à la catastrophe dans laquelle le capitalisme entraîne toute l’humanité !